El Niño et IOD positif : une combinaison défavorable au démarrage ?
À l’influence d’El Niño pourrait s’ajouter celle d’un Dipôle de l’océan Indien positif, généralement abrégé IOD+.
Un IOD positif correspond à des eaux relativement plus chaudes dans l’ouest de l’océan Indien équatorial et plus fraîches dans sa partie orientale, près de l’Indonésie. Cette répartition modifie les vents, la convection et les précipitations tropicales.
L’OMM prévoit le développement d’un IOD positif au cours des prochains mois. Le Bureau australien de météorologie indiquait encore, au 26 juillet, une situation officiellement neutre, mais l’indice hebdomadaire avait atteint pour la première fois le seuil positif de +0,4 °C. Plusieurs semaines au-dessus de ce seuil sont nécessaires avant que l’épisode soit considéré comme établi.
Selon les analyses statistiques du CMRS de La Réunion, l’activité cyclonique du sud-ouest de l’océan Indien est généralement réduite lorsque des épisodes El Niño modérés à forts se combinent avec un IOD positif.
Une configuration comparable avait été observée au début de la saison 2023/2024. Il avait fallu attendre le 31 décembre 2023 pour voir apparaître la première tempête tropicale, soit environ un mois et demi après la date médiane habituelle du premier système. Météo-France avait attribué ce démarrage tardif à l’action combinée d’El Niño et d’un IOD positif marqué.
L’influence possible de cette combinaison sur la saison 2026/2027 est développée plus en détail dans notre dossier :
El Niño et IOD en vue : quelle influence possible sur la saison cyclonique 2026/2027 ?
Le cœur de saison POUR relancer l’activité cyclonique ?
Il est encore beaucoup trop tôt pour prévoir précisément ce qui se passera entre février et avril 2027.
La carte publiée par l’ECMWF s’arrête en janvier. Elle ne renseigne donc pas sur toute la période correspondant au cœur et à la fin de la saison cyclonique dans le sud-ouest de l’océan Indien.
À mesure que l’été austral avance, la ZCIT et le flux de mousson ont normalement davantage de possibilités de s’installer au-dessus du bassin. Même après un démarrage difficile, les conditions redeviennent généralement favorables à une activité plus franche.
Selon la prévision saisonnière de juillet 2026 de Météo-France, le SIOD évolue désormais vers des conditions neutres et basculer en phase négative au cours des trimestres suivants. Cette transition reste incertaine, mais elle pourrait accompagner un changement de régime atmosphérique pendant le cœur de saison.
La saison 2023/2024 constitue là encore un exemple intéressant. Malgré un premier système extrêmement tardif, le bassin avait finalement comptabilisé 10 tempêtes tropicales, soit un nombre conforme à la normale, dont sept avaient atteint le stade de cyclone tropical. Le démarrage avait été bloqué, mais l’activité s’était nettement renforcée à partir de janvier.
Ce précédent montre qu’un signal négatif sur la première partie de saison ne permet pas de conclure que l’ensemble de la saison 2026/2027 sera peu active. Tout dépendra de l’évolution d’El Niño, de l’IOD, du Dipôle subtropical, de la mousson et de la circulation atmosphérique au cours de l’été austral.