La grande inconnue : le SIOD
C’est le point central.
L’ENSO et l’IOD donnent une première indication, mais ils ne ferment pas le scénario. Dans le sud-ouest de l’océan Indien, le SIOD peut modifier la donne.
Le SIOD, ou dipôle subtropical de l’océan Indien, concerne davantage le sud de l’océan Indien. Contrairement à l’IOD, qui agit surtout en début de saison, le SIOD est particulièrement important au cœur de la saison cyclonique.
En théorie, les phases positives du SIOD ont tendance à limiter l’activité cyclonique dans le bassin, notamment en favorisant l’arrivée d’air plus frais et plus sec vers les zones de développement.
À l’inverse, les phases négatives du SIOD peuvent favoriser les développements dans la principale région de formation des systèmes tropicaux. Elles peuvent aussi déplacer le risque vers la zone des Mascareignes, en rendant certaines trajectoires proches de La Réunion et de Maurice plus probables.
Pour les îles soeurs, le signal est particulièrement fort : un SIOD négatif isolé augmente fortement la probabilité de passage proche ou impactant. La probabilité hebdomadaire passe de 4,2 % en moyenne à 8,3 % en situation SIOD-, soit une hausse de 98 %.
Autrement dit, le SIOD peut presque doubler le risque statistique pour la zone Réunion-Maurice lorsqu’il est négatif.
Et c’est précisément là que se trouve la limite actuelle de l’analyse : l’évolution du SIOD reste difficile (voir impossible) à anticiper à longue échéance. Or, si cet indice basculait vers une phase négative au cœur de la saison, il pourrait atténuer, voire contredire, le signal limitant donné par El Niño et l’IOD+.
Ce qu’il faut retenir
À ce stade, les signaux El Niño et IOD+ permettent surtout de poser une tendance statistique.
Dans les archives, El Niño et IOD+ sont plutôt associés à une baisse du risque d’impact sur Madagascar, le Mozambique et la zone Réunion-Maurice. Pour Rodrigues, le signal est plus nuancé, car El Niño et IOD+ ne vont pas clairement dans le même sens.
Mais cette analyse reste incomplète sans le SIOD.
C’est lui qui pourrait devenir l’un des paramètres clés à surveiller dans les prochains mois. Une phase positive renforcerait probablement le signal de limitation de l’activité. Une phase négative pourrait au contraire changer la lecture, notamment pour les Mascareignes.
En résumé, El Niño et IOD+ donnent une première tendance plutôt défavorable aux impacts sur plusieurs zones du bassin. Mais la grande inconnue reste le SIOD, dont l’évolution à long terme est encore peu lisible, alors même que les statistiques suggèrent qu’il peut jouer un rôle majeur dans la répartition du risque cyclonique.

En résumé, un contexte El Niño + IOD+ tend plutôt à favoriser une première partie de saison cyclonique plus limitée, voire laborieuse, même si l’évolution du SIOD reste la grande inconnue.