Quelque chose se passe dans le Pacifique
À la mi-mai 2026, les températures de surface de l'océan continuent d'augmenter dans le centre-est du Pacifique équatorial.
Pour les scientifiques, ce réchauffement n'est pas anodin.
Il s'agit précisément de la région surveillée pour suivre l’évolution de l’oscillation australe plus connue sous l’acronyme ENSO.
Dans la zone Niño 3.4, les anomalies atteignent désormais des valeurs proches de +0,8 à +0,9 °C.
Un niveau suffisamment élevé pour confirmer un basculement d’une phase neutre à El Nino.
Mais ce n'est pas ce qui retient le plus l'attention des experts. Le signal le plus impressionnant se trouve sous la surface.

L'indice Niño 3.4, l'un des principaux indicateurs utilisés pour surveiller El Niño, a fortement progressé depuis la mi-avril 2026. Au 9 juin, l'anomalie atteint +1,29 °C, témoignant du réchauffement en cours dans le Pacifique équatorial central. Graphique : Tropical Tidbits (données CDAS/NOAA)
Un immense réservoir de chaleur caché sous l'océan
Sous les eaux du Pacifique tropical, les chercheurs observent depuis plusieurs semaines une accumulation inhabituelle de chaleur.
Dans certaines zones de l'océan équatorial, les températures sous la surface dépassent de plus de 6 °C les normales de saison.
Autrement dit, l'océan contient déjà une importante réserve d'énergie. Et cette chaleur commence progressivement à remonter vers la surface.
Selon l'OMM, ce phénomène contribue directement au réchauffement actuellement observé dans le Pacifique équatorial.
Pour les prévisionnistes, ce type de configuration est souvent associé à la mise en place d'un épisode El Niño.
Mais les modèles numériques vont encore plus loin.