Grêle à Antananarivo : pourquoi cet épisode du 12 septembre ?

Grêle à Tananarive : pourquoi cet épisode du 12 septembre sur les Hautes Terres de Madagascar ?

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Dans Madagascar

Des chutes de grêle ont concerné plusieurs secteurs des Hautes Terres centrales de Madagascar samedi 12 septembre 2026, notamment dans la région d’Analamanga. Au sud d’Antananarivo, une cellule convective observée vers Iavoloha entre 14 h et 14 h 30 s’est ensuite déplacée vers le nord, en direction d’Ivato. Une instabilité présente en altitude apparaît comme l’un des éléments ayant favorisé cet épisode très localisé.

À retenir

  • Date : samedi 12 septembre 2026
  • Secteur : Hautes Terres centrales de Madagascar, notamment Analamanga
  • Antananarivo : cellule repérée vers Iavoloha puis se déplaçant vers le secteur d’Ivato
  • Phénomène : averses convectives accompagnées localement de grêle
  • Taille observée : moins de 1 cm dans certains secteurs, plus de 1 cm signalé localement ailleurs
  • Contexte : activité convective très localisée au centre de Madagascar
  • Élément météorologique notable : instabilité en altitude

 

Que s’est-il passé autour d’Antananarivo le 12 septembre ?

Une cellule très localisée entre Iavoloha et Ivato

Les observations communiquées situent le développement de la cellule au-dessus du secteur d’Iavoloha entre 14 h et 14 h 30, au sud d’Antananarivo.

Le phénomène s’est ensuite déplacé approximativement vers le nord, atteignant le secteur d’Ivato environ une heure plus tard.

Dans les secteurs concernés, les grêlons observés étaient pour la plupart d’un diamètre légèrement inférieur à un centimètre. Les précipitations étaient comparables à celles d’un orage estival ordinaire et l’activité électrique est restée discrète.

Les observations n’ont cependant pas été identiques partout. L’Express de Madagascar rapporte que le sol et les toitures ont localement été recouverts de grêle du sud d’Analamanga jusqu’au Vakinankaratra. À Anosibe, un témoin cité par le journal décrit même des grêlons dépassant 1 cm, tandis que des dégâts sur des cultures sont signalés plus au sud.

Cette différence n’a rien d’étonnant : dans une cellule grêligène, la taille et la quantité de grêle peuvent varier fortement sur quelques kilomètres seulement.

 

Une convection visible depuis l’espace

L’imagerie satellitaire du 12 septembre montre parallèlement le développement d’une activité convective concentrée sur le centre de Madagascar.

Elle ne prend pas la forme d’une vaste cellule orageuse couvrant la Grande Île. Le développement reste au contraire limité géographiquement, ce qui correspond bien aux observations de terrain : certains secteurs ont reçu grêle et averses, tandis que des zones relativement proches sont restées beaucoup moins affectées.

 

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Pourquoi de la grêle a-t-elle pu se former ?

Une petite instabilité en altitude a probablement aidé

Les simulations du modèle européen IFS montrent, le 12 septembre, une légère anomalie dépressionnaire en altitude sur le centre de Madagascar.

Le réchauffement de la surface au cours de la journée, combiné au relief des Hautes Terres et à l’instabilité présente en altitude, a donc pu rendre l’atmosphère plus favorable au développement de quelques cellules convectives dans l’après-midi.

La Direction générale de la Météorologie malgache a précisément expliqué après l’événement que la grêle avait été favorisée par une zone d’instabilité en altitude.

 

Pourquoi pouvait-il y avoir de la grêle avec peu de foudre ?

Ce n’est pas contradictoire. La grêle se forme dans des nuages convectifs lorsque des ascendances transportent des gouttelettes d’eau vers des niveaux où les températures sont négatives. Les particules de glace grossissent en rencontrant de l’eau surfondue avant de retomber lorsque les mouvements ascendants ne peuvent plus les maintenir dans le nuage.

La grêle est constituée de particules de glace supérieures à 5 mm et se développe au sein de cumulonimbus parcourus de forts mouvements verticaux. Trois ingrédients sont particulièrement importants : une ascendance suffisamment forte, de l’eau liquide surfondue et des noyaux autour desquels la glace peut croître.

Un orage n’a donc pas besoin d’être extrêmement violent ni de produire de très nombreux éclairs pour générer de petits grêlons.

 

 

Est-il inhabituel d’avoir de la grêle en septembre à Madagascar ?

Septembre reste normalement dans la saison fraîche et sèche

La réponse mérite d’être nuancée.

À Madagascar la saison chaude et humide s'étend généralement de novembre à avril et la saison sèche et fraîche de mai à octobre, séparées par de courtes intersaisons.

Septembre appartient donc encore, climatologiquement, à la période fraîche et sèche.

Sur les Hautes Terres centrales, les pluies et les orages deviennent beaucoup plus fréquents pendant la saison chaude, lorsque l’activité convective reprend. De novembre à avril, les Hautes Terres reçoivent notamment des précipitations associées à la convection et aux orages.

Cela ne signifie pourtant pas que tout orage ou toute chute de grêle soit impossible en dehors de la période estivale. Le 12 septembre, par exemple, ce sont les conditions particulières présentes en altitude qui ont permis une déstabilisation temporaire de l’atmosphère. 

 

Est-ce déjà le début de l’intersaison ?

L’apparition d’une convection diurne sur les Hautes Terres en septembre peut rappeler les mécanismes qui deviennent progressivement plus fréquents avec le retour de la saison chaude. Mais un épisode isolé ne suffit pas à annoncer à lui seul le basculement saisonnier.

Cet épisode peut être considéré comme une manifestation convective précoce à l’approche du changement de saison, mais pas comme la preuve que la saison des pluies a déjà commencé.

 

 

El Niño peut-il expliquer cette grêle ?

Aucun lien direct ne peut être établi

El Niño est effectivement présent dans le contexte climatique de 2026.

L’Organisation météorologique mondiale indique qu’un fort épisode El Niño se développe en 2026 et devrait continuer à influencer les régimes de températures et de précipitations dans différentes régions du globe au cours des prochains mois.

Météo Madagascar intègre également El Niño, ainsi qu’un dipôle de l’océan Indien positif, dans ses perspectives climatiques pour septembre à novembre 2026. La DGM prévoit notamment des précipitations allant de normales à supérieures aux normales saisonnières dans certaines parties du pays, tandis que septembre reste globalement proche des normales mensuelles à l’échelle nationale.

Mais cela ne permet absolument pas d’écrire qu’« El Niño a provoqué la grêle du 12 septembre ».

El Niño agit à l’échelle de plusieurs mois et modifie les probabilités de certains régimes climatiques. Il ne permet pas d’attribuer directement une cellule convective apparue durant quelques dizaines de minutes au-dessus d’Analamanga.

Pour cet événement précis, l’explication la mieux étayée reste beaucoup plus locale : instabilité en altitude, humidité disponible dans les basses couches, faible inhibition et déclenchement convectif de l’après-midi.

 

 

Sources, méthode et mise à jour

Article publié le 17 septembre 2026.

Cet article s’appuie sur :

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