1. El Niño est-il bien présent en 2026 ?
Dans son bulletin Info-Niño/Niña publié le 3 septembre 2026, l’Organisation météorologique mondiale indique qu’à la mi-août, El Niño s’était solidement installé, avec des anomalies positives de température de surface de la mer persistantes et en intensification dans le centre-est du Pacifique équatorial. L’OMM prévoit également que le phénomène continuera de se renforcer au cours des prochains mois.
Le Climate Prediction Center de la NOAA, dans son diagnostic du 10 septembre 2026, maintient le statut officiel « El Niño Advisory » et indique également qu’El Niño continue de se renforcer. Le système océan-atmosphère présente, selon la NOAA, les caractéristiques d’un El Niño en phase d'intensification.
Quant au Bureau of Meteorology australien, dans sa mise à jour du 15 septembre 2026, il qualifie lui aussi El Niño de phénomène fermement établi et indique que les indices océaniques comme atmosphériques présentent des valeurs compatibles avec un fort El Niño.
La question « El Niño est-il arrivé en 2026 ? » ne relève donc plus d’une prévision : les organismes officiels considèrent désormais le phénomène comme installé.
2. Quelle est l’intensité actuelle d’El Niño ?
Les dernières observations montrent un réchauffement marqué du Pacifique équatorial, mais les organismes n’utilisent pas tous exactement le même indice pour mesurer l’intensité d’El Niño.
Dans son bulletin du 10 septembre, la NOAA indique qu’en août 2026, l’anomalie de température atteignait :
- +1,8 °C dans la région Niño 3.4 ;
- +2,5 °C dans Niño 3 ;
- +3,4 °C dans Niño 1+2 ;
- tandis que Niño 4 était à +0,1 °C.
La NOAA signale également des anomalies de température de surface de la mer dépassant +3 °C dans l’est du Pacifique équatorial et des anomalies sous-marines localement supérieures à +10 °C en profondeur.
Le Bureau of Meteorology utilise depuis 2025 des indices Niño relatifs, qui prennent notamment en compte la température moyenne de l’ensemble des tropiques. Pour la semaine se terminant le 13 septembre 2026, son Relative Niño 3.4 atteignait +2,51 °C.
Le seuil utilisé par le Bureau pour caractériser les conditions El Niño est de +0,8 °C lorsque ces valeurs sont suffisamment persistantes. La valeur observée mi-septembre est donc très largement supérieure à ce seuil.
Le signal n’est pas uniquement océanique. L'agence indique un indice d’oscillation australe, ou SOI, de −18,5 sur 30 jours au 13 septembre. Un SOI durablement inférieur à −7 est généralement associé à El Niño. Des alizés affaiblis ou inversés sont également observés dans certaines parties du Pacifique tropical.

3. El Niño 2026 peut-il devenir exceptionnel ?
La NOAA estime qu’il existe une probabilité supérieure à 90 % qu’El Niño atteigne une intensité très forte pendant l’automne et l’hiver 2026-2027 de l’hémisphère Nord.
Son scénario officiel va plus loin pour la période octobre-novembre-décembre 2026. Le Climate Prediction Center estime à 75 % la probabilité que l’indice RONI sur trois mois atteigne ou dépasse +2,5 °C.
La NOAA précise qu’un tel niveau dépasserait, selon cet indice, les précédents épisodes El Niño remontant à 1950. Il s’agit cependant d’une prévision probabiliste, et non de l’annonce qu’un record a déjà été atteint.
Le tableau officiel de prévision du RONI publié en septembre donne une médiane de :
- +2,43 °C pour septembre-octobre-novembre ;
- +2,67 °C pour octobre-novembre-décembre ;
- puis +2,57 °C pour novembre-décembre-janvier.
Le Bureau of Meteorology affiche lui aussi des prévisions particulièrement élevées. Tous les modèles qu’il examine prévoient une poursuite du réchauffement du Pacifique tropical pendant le printemps de l’hémisphère Sud. La majorité des modèles prévoit un pic du Relative Niño 3.4 supérieur à +3 °C.
Le service météorologique australien indique que les valeurs prévues pourraient atteindre des niveaux supérieurs aux plus chauds observés depuis le début des séries fiables en 1950.
4. Quand El Niño atteindra-t-il son maximum ?
Les derniers bulletins officiels placent le pic d’El Niño vers la fin de l’année 2026.
L’OMM prévoit une nouvelle intensification dans les prochains mois avant un maximum vers la fin de l’année 2026. Son ensemble multimodèle saisonnier prévoit pour septembre-octobre-novembre 2026 une anomalie moyenne de température de surface de la mer Niño 3.4 d’environ +3,6 °C, avec une trajectoire d’intensification culminant autour de novembre-décembre.
Pour le Bureau of Meteorology le Pacifique tropical devrait continuer à se réchauffer pendant le printemps austral, avec un maximum probablement atteint à la fin du printemps ou pendant l’été de l’hémisphère Sud.
De son côté, la NOAA prévoit également une poursuite du renforcement jusqu’à la fin de l’année 2026.
Les trois sources officielles convergent donc vers une période de très forte intensité autour de la fin 2026.

5. Jusqu’à quand El Niño devrait-il durer ?
La question « jusqu’à quand El Niño va-t-il durer ? » dispose désormais d’une réponse beaucoup plus précise qu’au début de l’année 2026.
L’OMM estime qu’il existe une probabilité proche de 100 % qu’El Niño persiste pendant les périodes septembre-novembre 2026 puis décembre 2026-février 2027.
Dans son bulletin du 3 septembre, l’organisation précise qu’aucune transition vers des conditions ENSO neutres ou vers La Niña n’est prévue pendant cette période.
La NOAA prévoit également un El Niño très fort pendant l’automne et l’hiver 2026-2027 de l’hémisphère Nord. Ses prévisions RONI montrent ensuite une diminution progressive de l’indice au cours des premiers mois de 2027.
Le Bureau of Meteorology va plus loin dans le temps. Compte tenu de la force actuelle du phénomène et du cycle de vie habituel d’El Niño, il estime que cet épisode devrait persister jusqu’à l’automne austral 2027.
Cela ne signifie pas que l’intensité restera constamment à son maximum jusque-là. Les prévisions montrent au contraire un pic autour de la fin 2026, suivi d’un affaiblissement progressif.
6. Quels effets météo peut provoquer un El Niño très fort ?
L’Organisation météorologique mondiale rappelle qu’un El Niño très intense peut modifier considérablement les régimes de température et de précipitations dans de nombreuses régions du monde et augmenter les risques associés à certains phénomènes météorologiques extrêmes.
L’OMM cite notamment des risques de sécheresses, d’inondations et de chaleurs extrêmes, mais souligne que les effets d’El Niño varient selon les régions et les saisons. Ils peuvent également être renforcés, atténués ou modifiés par d’autres facteurs climatiques.
Pour septembre à novembre 2026, les prévisions multimodèles de l’OMM indiquent une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées, ainsi que des régimes de précipitations présentant une réponse atmosphérique marquée au puissant El Niño du Pacifique.
La NOAA apporte cependant une précision essentielle : même avec un El Niño de très forte intensité, les impacts typiquement associés à El Niño ne sont pas garantis dans une région donnée. Un phénomène plus puissant augmente généralement la probabilité de certains effets caractéristiques, mais l’intensité de l’indice ne permet pas, à elle seule, de déterminer précisément la météo qui se produira localement.
Le Bureau of Meteorology formule la même mise en garde : un signal El Niño très fort ne signifie pas automatiquement des conséquences d’intensité équivalente sur les pluies et les températures d’une région donnée. ENSO n’est qu’un des facteurs qui influencent le climat saisonnier.
7. Que faut-il retenir des dernières prévisions OMM, NOAA et BoM ?
Au 16 septembre 2026, les derniers bulletins officiels disponibles convergent sur plusieurs éléments.
El Niño est installé et continue de se renforcer.
L’OMM prévoit qu’il atteindra une très forte intensité avant un maximum vers la fin de 2026 et estime à près de 100 % la probabilité que le phénomène persiste jusqu’en février 2027.
La NOAA estime à plus de 90 % la probabilité d’un El Niño très fort pendant l’automne et l’hiver 2026-2027 de l’hémisphère Nord. Elle attribue également 75 % de probabilité à un RONI d’au moins +2,5 °C sur octobre-décembre 2026, ce qui dépasserait les épisodes antérieurs depuis 1950 selon cet indicateur.
Enfin, le Bureau of Meteorology mesure un Relative Niño 3.4 de +2,51 °C au 13 septembre et indique que la majorité des modèles prévoit un maximum supérieur à +3 °C. Il estime actuellement que l’épisode devrait se maintenir jusqu’à l’automne austral 2027.
Les données disponibles ne permettent toutefois pas de transformer directement l’intensité prévue d’El Niño en prévision météorologique précise pour chaque territoire. L’OMM, la NOAA et le Bureau australien rappellent tous que les effets régionaux dépendent de la saison, de la localisation et de l’interaction avec d’autres composantes du système climatique.