Saison cyclonique 2026-2027 : tendances d’activité d’octobre à mars

Saison cyclonique 2026/2027 : l'ECMWF confirme une activité réduite dans l'océan indien Sud

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Dans Infos Cyclone

Les dernières tendances du CEP concernant l’activité cyclonique d’octobre à mars viennent d’être diffusées. Le signal est particulièrement marqué dans l’océan Indien Sud : les projections font apparaître une activité réduite sur une grande partie du bassin, y compris dans le canal du Mozambique. Nombre de systèmes, cyclones tropicaux et énergie cyclonique cumulée figurent parmi les valeurs les plus basses de la période de référence 1993-2025. Un contexte qui pourrait notamment s’expliquer par le renforcement d’El Niño et la mise en place attendue d’un dipôle positif dans l’océan Indien.

 

Que prévoit le CEP pour l’activité cyclonique d’octobre à mars ?

Les dernières tendances saisonnières du CEP viennent d’être publiées et elles confirment celles publiées en août.

Pour la période allant d’octobre à mars, le signal est clairement orienté vers une activité cyclonique réduite sur une grande partie de l’océan Indien Sud, y compris le canal du Mozambique.

À ce stade, le scénario proposé par le modèle européen ne suggère donc pas seulement une baisse localisée. C’est une partie importante de l’océan Indien Sud qui apparaît concernée par des conditions globalement moins propices à l’activité tropicale.

 

Nombre de tempête estiméeNombre de tempêtes tropicales simulé d’octobre 2026 à mars 2027 à l'échelle de l’océan Indien Sud : l’estimation du CEP figure parmi les plus basses depuis 1993. — ECMWF

 

Une saison cyclonique 2026-2027 moins active dans l’océan Indien ?

Plusieurs indicateurs vont dans la même direction. Le nombre de systèmes tropicaux estimé entre octobre et mars fait partie des plus faibles de toute la période de référence 1993-2025.

Le constat est similaire lorsqu’on s’intéresse uniquement aux phénomènes susceptibles d’évoluer jusqu’au stade de cyclone tropical. Là encore, les projections se situent parmi les valeurs les plus basses observées dans les estimations du CEP depuis 1993.

Il ne s’agit donc pas d’un seul indicateur isolé. Plusieurs paramètres utilisés pour caractériser l’intensité globale d’une période cyclonique convergent vers un même scénario.

 

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énergie cyclonique : un signal particulièrement bas

Au-delà du simple nombre de tempêtes ou de cyclones, un autre indicateur attire l’attention : l’énergie cyclonique cumulée.

Elle permet d’appréhender plus largement l’activité générée par les différents phénomènes au cours d’une période. Or, pour octobre à mars, les dernières tendances du CEP placent également cette énergie parmi les niveaux les plus faibles depuis 1993.

Autrement dit, le signal ne porte pas uniquement sur une possible diminution du nombre de systèmes. Les estimations suggèrent aussi une activité générale réduite en matière d’énergie cyclonique.

En réunissant les trois paramètres — nombre de systèmes, nombre de cyclones tropicaux et énergie cumulée — la tendance actuelle apparaît particulièrement homogène : le scénario envisagé pour les prochains mois se situe dans le bas de la distribution des estimations disponibles depuis le début de la période de référence.

 

ACE simulée pour la période oct 2026 à mars 2027

L’énergie cyclonique cumulée (ACE) prévue par le CEP d’octobre 2026 à mars 2027 est nettement inférieure à la moyenne climatologique et figure parmi les plus faibles estimations depuis 1993. — ECMWF

 

Pourquoi l’activité cyclonique pourrait-elle être plus faible ? Le rôle d’El Niño

Comment expliquer un signal aussi marqué ?

Une partie de la réponse se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de l’océan Indien, plus exactement, dans le Pacifique équatorial.

Un épisode El Niño est actuellement en cours de renforcement et pourrait atteindre un niveau élevé. Ce phénomène océanique et atmosphérique est susceptible d’influencer les conditions environnementales bien au-delà du Pacifique.

Dans le cas de l’océan Indien Sud, le contexte associé à El Niño contribue ainsi au signal de faible activité cyclonique actuellement proposé par les tendances du CEP.

Mais El Niño ne constitue pas le seul élément à surveiller. D’autres phénomènes océaniques peuvent modifier, contrebalancer ou au contraire accentuer son influence au cours des prochains mois.

Episode El Nino 2026 fort à très fort

L’épisode El Niño devrait encore se renforcer et atteindre son pic en fin d’année, à un niveau particulièrement élevé. — BOM

 

 

le dipôle de l’océan Indien EN DUO AVEC El Niño ?

Parmi ces phénomènes figure le dipôle de l’océan Indien, surnommé par certains scientifiques le « petit frère d’El Niño ». Son évolution sera particulièrement intéressante à suivre cette année.

Pour les prochains mois, un dipôle positif est attendu. Or, la combinaison entre El Niño et un dipôle de l’océan Indien positif est historiquement associée à des saisons cycloniques moins actives que la normale dans l’océan Indien Sud.

Cette configuration tend à installer un environnement globalement moins favorable au développement de l’activité tropicale.

La combinaison des deux phénomènes apporte ainsi un élément permettant de comprendre pourquoi les dernières tendances du CEP affichent actuellement un signal aussi faible pour la période allant d’octobre à mars.

 

Dipole océan indien 2026 positif

L’e dipole océan indien devrait passer en phase positive en fin d’année. — BOM

 

Une saison peu active signifie-t-elle moins de risque cyclonique ?

Une tendance saisonnière concernant l’activité cyclonique globale d’un bassin ne constitue pas une prévision du risque pour une terre habitée.

Même si le contexte attendu est moins favorable et même si le nombre total de phénomènes devait finalement être faible, cela ne permet pas d’en déduire qu’un territoire sera moins exposé.

Une saison cyclonique peu active peut parfaitement produire un système menaçant ou affectant directement une zone habitée.

Le nombre de tempêtes ou de cyclones observés à l’échelle de tout l’océan Indien ne suffit donc pas à déterminer le niveau de risque pour La Réunion, Maurice, Madagascar, Mayotte, les Comores, le Mozambique ou l'Australie.

Il suffit d’un seul impact pour provoquer un événement catastrophique.

C’est pourquoi ces tendances doivent être considérées comme une indication du niveau général d’activité attendu, et non comme une prévision des trajectoires ou des impacts qui pourraient survenir au cours de la future saison.

 

 

Quand aura-t-on une vision plus complète de la saison cyclonique 2026-2027 ?

La prochaine étape importante arrivera en octobre, avec une nouvelle mise à jour des tendances du CEP.

Cette échéance permettra cette fois d’obtenir une vision complète de la saison cyclonique à venir et d’affiner le signal actuellement observé pour la période octobre-mars.

Il faudra notamment regarder si le faible niveau d’activité envisagé en septembre se maintient dans les nouvelles projections.

À ce stade, les différents indicateurs pointent franchement dans la même direction pour qu’il y ait fort à parier que les prochaines tendances restent orientées vers un scénario similaire.

Rendez-vous donc en octobre pour la prochaine mise à jour et une première photographie complète de ce que pourrait réserver la saison cyclonique 2026-2027 dans l’océan Indien Sud.

 

 

Activité saison cyclonique 2026/2027Pour octobre 2026 à mars 2027, l’ECMWF suggère que moins de tempêtes tropicales que la normale pourraient circuler à proximité d’une grande partie de l’océan Indien Sud. Les zones bleues à bleu foncé correspondent à une densité de trajectoires inférieure à la moyenne climatologique. Autrement dit, une activité réduite par rapport à climatologie. — BOM

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