énergie cyclonique : un signal particulièrement bas
Au-delà du simple nombre de tempêtes ou de cyclones, un autre indicateur attire l’attention : l’énergie cyclonique cumulée.
Elle permet d’appréhender plus largement l’activité générée par les différents phénomènes au cours d’une période. Or, pour octobre à mars, les dernières tendances du CEP placent également cette énergie parmi les niveaux les plus faibles depuis 1993.
Autrement dit, le signal ne porte pas uniquement sur une possible diminution du nombre de systèmes. Les estimations suggèrent aussi une activité générale réduite en matière d’énergie cyclonique.
En réunissant les trois paramètres — nombre de systèmes, nombre de cyclones tropicaux et énergie cumulée — la tendance actuelle apparaît particulièrement homogène : le scénario envisagé pour les prochains mois se situe dans le bas de la distribution des estimations disponibles depuis le début de la période de référence.

L’énergie cyclonique cumulée (ACE) prévue par le CEP d’octobre 2026 à mars 2027 est nettement inférieure à la moyenne climatologique et figure parmi les plus faibles estimations depuis 1993. — ECMWF
Pourquoi l’activité cyclonique pourrait-elle être plus faible ? Le rôle d’El Niño
Comment expliquer un signal aussi marqué ?
Une partie de la réponse se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de l’océan Indien, plus exactement, dans le Pacifique équatorial.
Un épisode El Niño est actuellement en cours de renforcement et pourrait atteindre un niveau élevé. Ce phénomène océanique et atmosphérique est susceptible d’influencer les conditions environnementales bien au-delà du Pacifique.
Dans le cas de l’océan Indien Sud, le contexte associé à El Niño contribue ainsi au signal de faible activité cyclonique actuellement proposé par les tendances du CEP.
Mais El Niño ne constitue pas le seul élément à surveiller. D’autres phénomènes océaniques peuvent modifier, contrebalancer ou au contraire accentuer son influence au cours des prochains mois.

L’épisode El Niño devrait encore se renforcer et atteindre son pic en fin d’année, à un niveau particulièrement élevé. — BOM