L'océan indien sud-ouest se réchauffe progressivement

La partie occidentale de l'océan indien sud serait anormalement chaude pour cet été austral 2018/2019. Pourquoi et quel impact sur l'activité cyclonique?

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L'importance de la température de l'océan

La formation et la vie d'un système cyclonique dépend de plusieurs facteurs environnementaux. Une température de la surface de l'océan (SST) d'au moins 26 à 26.5°c sur une profondeur d'au moins 50m est un premier préalable. Le cyclone fonctionnant comme une machine à vapeur puise son énergie sur les eaux chaudes de l'océan. Plus la température de la surface de l'océan sera élevée, plus le phénomène cyclonique disposera d'un potentiel de développement important.

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©Tropical Tidbits - données du 22/11/2018

Les données récentes montrent que l'isotherme 26°c se trouve au porte des Mascareignes. L'archipel est donc temporairement protégé de système mature, mais plus pour très longtemps. En revanche, il y a déjà un risque cyclonique réel dans les régions plus au nord, baignant dans une eau déjà chaude. Le cyclone tropical intense ALCIDE qui a évolué globalement entre les latitudes 5° et 15° Sud en est un parfait exemple.

Important mais...

C'est pour cette raison qu'un cyclone se dissipera rapidement au contact des terres. Privé de son carburant, l'activité convective associée au phénomène s’essoufflera à vitesse grand V.

Mais c'est également la raison pour laquelle, un cyclone qui bouge lentement ou qui est quasi stationnaire sur une période prolongée faiblit. En faisant du surplace, le système refroidi les eaux sous-jacentes qui par effet d'upwelling deviennent trop froides pour supporter le fonctionnement de la machine cyclonique.

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Dans le cercle rouge, l'anaomalie froide laissée par ALCIDE qui a reffroidit l'eau au nord-est de Madgascar en faisant du surplace pendant plusieurs jours ©NOAA - carte du 12/11/2018

Mais la température de l'eau n'est qu'un facteur parmi d'autres. Il est d'ailleurs fréquent de voir notamment dans les médias une importance exagérée donnée à ce paramètre. Pourtant, les conditions en altitude semblent être aussi voire plus importantes.

Malgré des eaux très chaudes, un phénomène pourrait avoir des difficultés ou carrément être empêché de se développer en cas de mauvaise divergence (capacité d'évacuation de l'air en haute troposphère) ou d'un environnement trop cisaillé (vent d'altitude néfaste aux cyclones).

Eau chaude mais cisaillement potentiellement élevé

Cette saison cyclonique 2018/2019 du bassin sud-ouest de l'océan indien se fera dans un contexte climatique de grande échelle, marqué par un El Nino faible à modéré dans le pacifique. Cette situation a pour conséquence une température de l'eau anormalement élevée dans le bassin.

Il serait donc facile d'en déduire que nous aurons une saison active, corroborer par le fait que nous ayons déjà eu 3 systèmes. Or, les années El Nino sont également associées à des conditions environnementales cisaillées et à un flux de mousson contrarié.

Cette saison, il sera intéressant de voir comment l'activité cyclonique se déroulera avec des indicateurs environnementaux contradictoires. Pour le centre des cyclones de la Réunion, cette situation conduirait à une activité en dessous de la normale durant le coeur de l'été.

Il ne nous reste plus qu'à attendre pour connaître la vérité. En attendant, l'océan indien est en pause après un mois de novembre actif. Mais les choses pourraient évoluer en décembre. A suivre.

PR

Source : NOAA / TIDBITS 

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