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Cyclone enawo antalaha

La drôle de saison cyclonique 2016/2017

La saison cyclonique 2016/2017 du bassin sud-ouest de l'océan indien est pour l'instant considéré comme peu active. Alors que nous allons bientôt entamer le mois d'avril, on ne compte que 6 systèmes baptisés, ce qui est en dessous de la moyenne saisonnière qui est d'environ 9 baptêmes. Malgré cette activité cyclonique limitée, les terres habitées n'ont pas été épargnées.

Précocité et sommeil profond

Même si nous ne sommes par encore arrivée à la fin de cette saison cyclonique, on pourra dire qu'elle aura été vraiment très particulière. Celle-ci débute de manière ultra précoce avec la Forte Tempête Tropicale ABELA qui a évolué sur le bassin en plein hiver, lors du mois de Juillet 2016. Mine de rien, ce système sera remarquable par l'intensité atteinte, mais aussi par le fait qu'il aura provoqué un temps d'été humide et pluvieux en plein hiver sur les Mascareignes. Puis, au mois d'octobre 2016, la dépression subtropicale BRANSBY donnera l'impression que nous étions partis pour une saison active avec déjà 2 systèmes baptisés avant le début officiel de la saison cyclonique 2016/2017.

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Il n'en sera rien, car la suite s'annonce selon Météo France significativement calme. Ce sera le cas, avec une première partie de saison incroyablement inactive. Aucun système ne sera baptisé au cours des mois de novembre, décembre et janvier. Les prévisionnistes de Météo France indiquent que c'est la première fois depuis 1967 que le trimestre novembre, décembre, janvier est vierge de toute activité cyclonique significative. De même, l'absence totale d'activité au cours du mois de janvier constitue également un événement remarquable. Ainsi, des mises en garde sont constamment lancées pour inviter les populations du bassin sud-ouest à ne pas baisser leurs vigilances malgré un début de saison anormalement calme. La suite des événements va s'avérer nettement moins pacifique.

et puis un réveil brutal

L'arrivée du mois de février coïncide avec le réveil du bassin sud-ouest. Malgré des conditions environnementales moyennement favorables et une oscillation de Madden Julian en phase sèche, l'activité cyclonique redémarre après 4 mois de silence. Ca commence avec une cyclogenèse à proximité des Grandes Mascareignes (Réunion/Maurice) au tout début du mois de février qui donnera CARLOS. Avec un passage à proximité de Maurice puis de la Réunion les 6 et 7 février, les îles soeurs sont les premières victimes de la saison cyclonique 2016/2017. Bien entendu, l'impact du système sur les 2 îles est limité puisque le système particulièrement affaibli par une forte contrainte d'altitude passe à proximité des Grandes Mascareignes au stade de Tempête Modérée. Le système apporte néanmoins les précipitations tant attendues après une première partie de saison des pluies marquée par une sécheresse significative.

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Les systèmes suivants vont hélas avoir un impact nettement plus rude que CARLOS sur les terres concernées. Après Maurice et la Réunion, c'est au tour du Mozambique d'être la cible suivante. Le canal du Mozambique qui était resté muet depuis la saison 2014/2015 se réveille. Baptisé le 13 février, DINEO fonce droit vers les côtes mozambicaines et touche terre 2 jours plus tard au niveau de la province d'Inhambane, alors que celui-ci réussi à atteindre le stade de cyclone tropical. Le cyclone provoque les premières victimes de la saison avec 7 morts recensés. Par la suite, le bassin va connaître une courte pause car déjà les modèles de prévision s'affolent.

La calamité ENAWO

Le 3 mars, un nouveau système est baptisé au nord des Mascaeignes et celui-ci a de l'allure et du potentiel pour faire mal. Après des prévisions qui s'annonçaient alarmantes pour les îles soeurs, ENAWO décide finalement de filer vers les côtes nord-est de Madagascar. Le système devient un puissant et dangereux météore avant de toucher terre.

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Il atteint le stade de cyclone tropical intense et frappe de plein fouet et à pleine puissance la région de Sava entre Sambava et Antalaha le 7 mars en milieu de journée. Le bilan est lourd et fait état de plus de 80 morts et de nombreuses destructions tant sur les infrastructures que sur les cultures, obligeant les autorités malgaches à faire appel à l'aide internationale devant l'ampleur de la catastrophe.

Les terres habitées n'ont pas été épargnées

Finalement, malgré une saison peu active, force est de constater que les terres habitées n'ont pas été épargnées. Les Mascareignes, le Mozambique et Madagascar ont été plus ou moins directement concernés et à des degrés divers. Si pour la Réunion et Maurice l'impact aura été plutôt bénéfique, Madagascar est incontestablement le pays qui a le plus souffert. Que nous réserve la suite et fin de cette drôle de saison cyclonique? Personne ne le sait, mais encore une fois, la prudence et la vigilance doit toujours être de mise. Le passé montre que le mois d'avril dans le bassin sud-ouest de l'océan indien est jalonné d'épisodes cyclonique marquants. Soyons donc toujours sur nos gardes jusqu'au bout.

PR

Image d'illustration : mairie-antalaha.org

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