Saison cyclonique 2025-2026 : bilan et faits marquants

Saison cyclonique 2025-2026 : le grand débrief d’une saison à fort impact

Le 25/06/2026 à 16:47 0

Dans Le coin expert

Commencée de manière inhabituellement précoce, la saison cyclonique 2025-2026 a ensuite connu de longues pauses, des accélérations brutales et plusieurs trajectoires décisives. Quel système a réellement été le plus puissant ? Pourquoi certains territoires ont-ils concentré les impacts tandis que d’autres ont évité le pire ? Retour sur les chiffres, les phénomènes et les faits qui ont façonné une saison à fort impact.

La saison cyclonique 2025-2026 touche à sa fin dans le sud-ouest de l’océan Indien. Onze tempêtes ont été recensées, six sont devenues des cyclones tropicaux et quatre ont atteint le stade de cyclone tropical intense. Mais derrière ces chiffres se cache une saison profondément contrastée.

Madagascar a subi deux impacts majeurs en moins de deux semaines. Le Mozambique a été frôlé par l’un des systèmes les plus destructeurs de l’année. À l’inverse, les Mascareignes et l’archipel des Comores sont restés à l’écart du cœur des phénomènes les plus dangereux.

Un autre paradoxe résume cette saison : le cyclone ayant causé le plus de dégâts n’est pas nécessairement celui qui a été le plus puissant. Et le phénomène ayant produit le plus d’énergie n’est encore pas le même.

Alors, quel cyclone a réellement dominé la saison 2025-2026 ? Pour le comprendre, il faut d’abord revenir sur un démarrage presque inédit dans les archives du bassin.

 

Les chiffres à retenir de la saison cyclonique 2025-2026

Le bilan établi par Météo-France fait état de :

11 tempêtes nommées, contre une moyenne de 10 ;

10 phénomènes de nature tropicale et une tempête subtropicale ;

6 cyclones tropicaux, contre une moyenne de 5 ;

4 cyclones tropicaux intenses, contre une moyenne de 3 ;

3 systèmes ayant touché des terres habitées ;

une énergie cyclonique cumulée supérieure de plus de 20 % à la normale.

La saison a donc été plus active que la normale. Elle ne peut cependant pas être qualifiée d’exceptionnelle ou d’hyperactive. Elle reste notamment moins remarquable que la saison 2024-2025, qui avait compté treize tempêtes et huit cyclones tropicaux.

Le nombre de phénomènes ne raconte toutefois qu’une partie de l’histoire. Plusieurs cyclones de la saison 2025-2026 ont conservé une forte intensité pendant plusieurs jours. Cette durée explique pourquoi l’activité globale du bassin s’est hissée dans le tiers supérieur de la distribution climatologique.

Et pourtant, l’essentiel de cette énergie n’a pas été réparti sur toute la saison.

 

Les chiffres de la saison cyclonqiues 2025/2026

 

Une saison commencée au cœur de l’hiver austral

Le premier signal apparaît dès le 16 juillet 2025.

À cette période de l’année, le sud-ouest de l’océan Indien se trouve en plein hiver austral. Les conditions sont généralement peu favorables à la formation des phénomènes tropicaux. Une dépression tropicale parvient néanmoins à se former, sans atteindre le stade nécessaire pour recevoir un nom.

Quelques semaines plus tard, le 7 août, Awo devient la première tempête tropicale de la saison. Il faut remonter à 1996 pour retrouver une tempête baptisée au mois d’août dans le bassin.

Blossom suit brièvement en septembre, puis Chenge se développe durant la seconde moitié du mois d’octobre. Avant même le 1er novembre, trois tempêtes ont déjà été enregistrées.

Mais cette activité inhabituellement précoce ne débouche pas immédiatement sur une longue succession de cyclones.

Le bassin se calme presque totalement pendant environ deux mois.

Cette pause pouvait laisser penser que la saison allait finalement perdre son avance. C’est l’inverse qui se produit à partir de la fin décembre.

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Deux mois ont concentré presque toute la puissance de la saison

Le 27 décembre, Grant entre dans le bassin depuis la zone de responsabilité australienne. Son arrivée ouvre une période d’activité presque ininterrompue jusqu’à la fin février.

En seulement soixante jours, six phénomènes nommés se succèdent. Cinq atteignent le stade de cyclone tropical et quatre deviennent des cyclones tropicaux intenses.

Grant, Dudzai et Gezani restent chacun entre quatre et cinq jours au stade de cyclone tropical ou à une intensité supérieure. Dudzai conserve le statut de tempête ou de cyclone pendant plus de onze jours. Gezani approche les neuf jours.

Entre le 27 décembre et le 25 février, plus de 85 % de l’énergie cyclonique cumulée de toute la saison est produite.

Autrement dit, malgré un premier système observé dès juillet, le véritable moteur de la saison s’est joué sur une période de deux mois.

C’est aussi pendant cette séquence que se sont formés les trois phénomènes qui dominent le bilan, chacun pour une raison différente : Dudzai pour son énergie, Horacio pour son pic d’intensité et Gezani pour ses conséquences humaines et matérielles.

 

Frise d'activité de la saison cyclonique 2025/2026

 

Que mesure réellement l’ACE ?

L’ACE, pour « énergie cyclonique cumulée », permet d’aller plus loin que le simple comptage des tempêtes.

Cet indicateur tient compte à la fois de l’intensité des vents et de la durée pendant laquelle un phénomène conserve cette intensité. Un cyclone très puissant mais de courte durée peut ainsi produire moins d’énergie qu’un système légèrement moins intense restant actif pendant de nombreux jours.

Cette distinction est essentielle pour comprendre la saison 2025-2026.

Avec onze tempêtes contre une normale de dix, l’écart paraît limité. Mais plusieurs systèmes ont été suffisamment puissants et durables pour porter l’ACE saisonnière à plus de 20 % au-dessus de la normale.

Dudzai illustre parfaitement ce phénomène. Il n’a pas causé les destructions les plus importantes et n’a vraisemblablement pas atteint le vent maximal le plus élevé. Il a cependant combiné une très longue durée de vie avec une forte intensité.

Il est ainsi devenu le système ayant produit la plus forte ACE individuelle de la saison.

Mais cela ne répond toujours pas à la question que beaucoup se posent : quel a été le cyclone le plus puissant ?

 

Horacio, le cyclone le plus intense à son maximum

Selon les valeurs mises en avant par Météo-France, Horacio a vraisemblablement atteint le pic d’intensité le plus élevé de la saison.

Le cyclone se forme le 20 février au sud de l’archipel des Chagos. Après un développement initial assez lent, il rencontre des conditions très favorables et s’intensifie rapidement.

Le 23 février au soir, Horacio atteint le haut du stade de cyclone tropical intense. Ses vents moyens sont estimés à environ 200 km/h.

Cette valeur est remarquable, mais sa position l’est tout autant. Le cyclone atteint son maximum vers 20,6 degrés de latitude sud, une latitude particulièrement méridionale pour un système d’une telle puissance. Sur les trente dernières années, seuls quelques cas comparables ont été observés dans le bassin.

Pendant un temps, la trajectoire vers le sud-ouest fait craindre un passage dangereux à proximité de Rodrigues. Horacio finit toutefois par incurver sa trajectoire vers le sud. Il passe au maximum de son intensité à environ 200 kilomètres à l’est-sud-est de l’île.

Rodrigues évite ainsi les conditions les plus destructrices.

Horacio peut donc être présenté comme le cyclone ayant atteint le pic d’intensité le plus élevé. Mais il ne détient ni le record énergétique ni le bilan le plus lourd de la saison.

 

Cyclone horacio au large de Rodrigues le 23 Février 2026 à 13 UTC

Cyclone intense  Horacio au large de Rodrigues le 23 Février 2026 à 13 UTC - EUMETSAT

 

LES Trois cyclones MARQUANTS

La question du « cyclone le plus puissant » n’a pas une réponse unique.

Horacio : le plus intense à son pic

Avec des vents moyens estimés à environ 200 km/h, Horacio semble avoir atteint le maximum d’intensité le plus élevé de la saison.

Dudzai : le plus énergétique

Dudzai a passé plus de onze jours au stade de tempête tropicale ou davantage. Cette combinaison entre intensité et durée lui a permis de produire la plus forte ACE individuelle de la saison.

Gezani : le plus destructeur

Gezani n’a pas seulement été un cyclone intense. Il a frappé une grande ville au moment où sa puissance approchait de son maximum. Son passage sur Toamasina a concentré l’essentiel du bilan humain et matériel de toute la saison.

Et c’est à Madagascar que le contraste régional devient le plus brutal.

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Madagascar frappée deux fois en moins de deux semaines

Madagascar est de très loin le territoire le plus durement touché par la saison cyclonique 2025-2026.

En moins de deux semaines, la Grande Île subit les atterrissages successifs de Fytia puis de Gezani, sur deux façades opposées du pays.

 

Fytia frappe le nord-ouest

Fytia se forme dans le centre-nord du canal du Mozambique. Le système connaît une intensification rapide peu avant son arrivée sur Madagascar.

Le 31 janvier, il touche terre dans la région Boeny, à l’est du cap Saint-André, au niveau du district de Soalala. Il atteint alors son intensité maximale, au sommet du stade de cyclone tropical.

Les dégâts ne se limitent pas à la zone d’atterrissage. Des inondations meurtrières concernent également le centre du pays.

Le bilan repris par Météo-France fait état de 12 morts et de plus de 70 000 sinistrés.

Après avoir traversé Madagascar, Fytia ressort sur l’océan Indien et se réintensifie. Le système passe ensuite à environ 250 kilomètres au sud-ouest de La Réunion.

Mais alors que Madagascar commence à peine à mesurer les conséquences de ce premier cyclone, un autre système se développe au nord des Mascareignes.

Cyclone fytia qui frappe Madagascar - EUMETSAT

Cyclone Fytia qui frappe Madagascar - EUMETSAT

 

Gezani frappe Toamasina au sommet de sa puissance

La formation de Gezani est d’abord lente et laborieuse. Le système consolide finalement son statut de tempête tropicale le 9 février, au nord des Mascareignes.

La suite est beaucoup plus rapide.

Gezani s’intensifie brutalement et devient un cyclone tropical intense en se dirigeant vers la côte est de Madagascar.

Dans la soirée du 10 février, le mur de l’œil frappe directement Toamasina, ville portuaire comptant près de 400 000 habitants. Les vents moyens sont estimés à plus de 190 km/h et les rafales dépassent 270 km/h.

Selon Météo-France, il s’agit du plus violent impact cyclonique recensé dans le secteur de Toamasina au moins depuis le début de l’ère satellitaire. L’impact est estimé supérieur à ceux de Geralda en 1994 et d’Ava en 2018.

Habitations détruites, réseaux endommagés, inondations et glissements de terrain frappent la région. Le bilan disponible fait état d’au moins 63 morts, de milliers de logements détruits et de plus de 140 millions de dollars de dégâts.

Gezani traverse ensuite Madagascar et ressort dans le canal du Mozambique.

Mais sa trajectoire n’est pas terminée.

L'oeil du puissant cyclone intense Gezani pile sur Toamasina - EUMTSAT

L'oeil du puissant cyclone intense Gezani pile sur Toamasina - EUMTSAT

 

Gezani se réintensifie dans le canal du Mozambique

Après son passage sur les terres malgaches, Gezani retrouve rapidement des conditions favorables et se renforce à nouveau.

Le système remonte près du stade de cyclone tropical intense en circulant à proximité de la province d’Inhambane, dans le sud du Mozambique.

Dans la nuit du 13 au 14 février, la partie occidentale du mur de l’œil longe la côte mozambicaine. Des dégâts significatifs mais localisés sont rapportés.

Le contexte est particulièrement défavorable : le sud du Mozambique avait déjà subi de graves inondations en début de saison.

Le cyclone Gezani frôle les côtes du Mozambique après s'être réintensifié - EUMTSAT

Le cyclone Gezani frôle les côtes du Mozambique après s'être réintensifié - EUMTSAT

 

Gezani effectue ensuite une boucle dans le canal et revient au large du sud-ouest de Madagascar, près de Toliara. Cette dernière phase apporte des vents forts et de fortes pluies, sans reproduire les destructions observées à Toamasina.

Madagascar totalise ainsi trois impacts ou passages rapprochés : l’atterrissage de Fytia, celui de Gezani sur la côte est, puis le retour de Gezani au large du sud-ouest.

 

D’où sont venus les phénomènes de la saison ?

La répartition géographique des cyclogenèses apporte un autre enseignement.

Parmi les dix phénomènes de nature purement tropicale :

cinq ont pris naissance dans l’est du bassin ou dans la zone australienne pour Grant ;

trois se sont formés dans la partie centrale ;

deux sont nés dans l’ouest, dans le canal du Mozambique.

Grant est le seul système explicitement arrivé depuis la zone de responsabilité australienne, à l’est du 90e méridien. Il a conservé le nom qui lui avait déjà été attribué avant son entrée dans le bassin suivi par le CMRS de La Réunion.

Autre particularité : aucun des cinq phénomènes apparus à l’est de 70 degrés Est n’est resté strictement cantonné à cette zone. Tous ont débordé vers la partie centrale du bassin.

Ce déplacement général vers l’ouest, suivi pour plusieurs systèmes d’une incurvation vers le sud, explique la domination d’un type de trajectoire en particulier.

 

Les trajectoires paraboliques ont dominé la saison

Plusieurs cyclones ont suivi une trajectoire dite parabolique.

Dans ce type de configuration, le système se dirige d’abord globalement vers l’ouest ou le sud-ouest. Sa trajectoire s’incurve ensuite vers le sud, puis parfois vers le sud-est, sous l’influence de la circulation atmosphérique subtropicale.

Ces paraboles ont fortement influencé le bilan géographique de la saison.

Dudzai, Horacio et Indusa ont fini par plonger vers le sud à l’est de Rodrigues. Grant s’est considérablement affaibli à proximité de la zone des Mascareignes. Gezani est resté désorganisé pendant une partie de sa formation au nord de ces îles avant de partir vers Madagascar.

La menace envisagée sur les Mascareignes en début de saison était donc réelle. Mais les incurvations vers le sud et les phases d’affaiblissement ont empêché un impact direct.

Quelques centaines de kilomètres plus à l’ouest, Madagascar n’a pas bénéficié de la même chance.

Bilan par territoire : une saison aux conséquences très inégales

 

Madagascar : le territoire le plus meurtri

Avec Fytia puis Gezani, Madagascar concentre l’essentiel des pertes humaines et des destructions de la saison.

Le nord-ouest, le centre, la côte est et, dans une moindre mesure, le sud-ouest ont été concernés. L’impact direct de Gezani sur Toamasina constitue le fait majeur de toute la saison cyclonique 2025-2026.

 

Mascareignes : aucune traversée directe, mais plusieurs menaces

Les Mascareignes ont été globalement épargnées par le cœur des phénomènes.

Rodrigues a probablement connu la situation la plus préoccupante lorsque Horacio, alors au maximum de son intensité, est passé à environ 200 kilomètres à l’est-sud-est de l’île.

Maurice est restée à l’écart des trajectoires les plus dangereuses.

À La Réunion, aucun cœur cyclonique n’a directement touché l’île. Fytia a néanmoins circulé à environ 250 kilomètres au sud-ouest et a exercé une influence périphérique.

Après Belal en 2024 et Garance en 2025, cette absence d’impact direct marque une rupture. Ce sujet mérite cependant une analyse spécifique, car le répit cyclonique s’est accompagné d’une saison des pluies particulièrement déficitaire.

 

Archipel des Comores et Mayotte : loin des trajectoires principales

L’archipel des Comores est resté en marge des systèmes les plus dangereux.

Mayotte n’a été sérieusement menacée par aucun phénomène, contrairement à la saison précédente marquée par Chido et Dikeledi. Une bande périphérique associée à Fytia a dégradé temporairement le temps et l’état de la mer, sans sévérité particulière.

Les autres îles de l’archipel n’apparaissent pas parmi les territoires ayant subi un impact cyclonique majeur dans le bilan régional.

 

Seychelles, Agaléga et nord du bassin : une activité précoce mais limitée

Chenge a circulé à proximité d’Agaléga et des îles extérieures des Seychelles durant le mois d’octobre.

Malgré une durée de vie de sept jours au stade de tempête, le système n’a pas provoqué de conséquences notables sur ces territoires.

Cette zone a surtout été concernée par le démarrage inhabituellement précoce de la saison.

 

Mozambique : un passage dangereux de Gezani

Le sud du Mozambique est le principal secteur d’Afrique orientale directement concerné par un cyclone cette saison.

Après sa traversée de Madagascar, Gezani a longé la province d’Inhambane avec une nouvelle intensification. Les dégâts sont restés plus localisés qu’à Madagascar, mais ils se sont ajoutés à une situation déjà difficile après les inondations du début de saison.

Plus au nord, la Tanzanie et le Kenya sont restés à l’écart des impacts cycloniques directs les plus significatifs recensés dans le bilan du bassin.

 

Terres australes : les cyclones ont laissé des traces jusque très au sud

La disparition des caractéristiques tropicales ne signifie pas toujours la fin des effets d’un système.

Les restes extratropicaux de Gezani ont apporté 83 millimètres de pluie sur l’archipel Crozet le 19 février. Le lendemain, une rafale de 156 km/h a été mesurée à Port-aux-Français, aux Kerguelen.

Les restes d’Horacio ont ensuite atteint l’île Amsterdam le 1er mars. Ils n’ont pas occasionné de dégâts notables, mais l’air tropical transporté par le système a fait grimper la température jusqu’à 25 °C. Ce seuil était atteint pour la première fois en mars sur l’île.

Toutes les trajectoires de la saison cyclonqiue 2025/2026 - Météo France

Toutes les trajectoires de la saison cyclonqiue 2025/2026 - Météo France

 

Un mois de mars presque vide après un cœur de saison très actif

Après la disparition d’Horacio à la fin du mois de février, les conditions deviennent nettement moins favorables à la formation des cyclones.

Un système atteint brièvement le stade de dépression tropicale en mars, pendant environ douze heures, sans devenir une tempête nommée.

Le mois se termine donc sans aucune tempête tropicale. Un tel « mois de mars blanc » n’avait plus été observé depuis la saison 2012-2013.

L’activité reprend modestement en avril avec Indusa dans l’est du bassin, puis Juluka, une tempête subtropicale formée le 27 avril au large du sud de Madagascar.

La saison s’achève ainsi comme elle avait commencé : par des phénomènes atypiques, séparés du cœur d’activité principal.

 

Une prévision saisonnière globalement PROCHE DE LA RÉALITÉ

Avant la saison, les prévisions envisageaient entre 10 et 14 tempêtes nommées, dont cinq à huit cyclones tropicaux.

Le bilan de onze tempêtes et six cyclones se trouve donc au cœur des fourchettes annoncées.

Les trajectoires paraboliques avaient également été identifiées comme probablement dominantes. Un risque au moins climatologique était envisagé pour Madagascar, les Mascareignes et la moitié sud du Mozambique, tandis qu’un risque plus faible était attendu sur le nord du canal.

Cette tendance s’est vérifiée pour Madagascar et le sud du Mozambique. Elle ne s’est finalement pas concrétisée dans les Mascareignes, où les systèmes ont incurvé leur trajectoire à l’est de Rodrigues ou traversé la zone dans une phase d’affaiblissement.

 

Ce qu’il faut retenir de la saison 2025-2026

La saison n’a pas été exceptionnelle par son nombre de tempêtes, mais elle s’est distinguée par l’intensité et la longévité de plusieurs cyclones.

Dudzai a été le phénomène le plus énergétique. Horacio a probablement atteint le pic d’intensité le plus élevé. Gezani a été le plus destructeur.

Le bilan territorial est encore plus contrasté. Madagascar a subi deux atterrissages majeurs en moins de deux semaines, tandis que les Mascareignes et l’archipel des Comores ont évité le cœur des systèmes.

À La Réunion, ce calme relatif intervient après deux saisons successives marquées par Belal et Garance. Mais l’absence de cyclone proche a aussi privé l’île d’une partie des pluies habituellement associées à la saison chaude.

Comment La Réunion est-elle passée de deux impacts directs successifs à une saison sans passage du cœur d’un cyclone ? Et ce répit peut-il réellement être considéré comme une bonne nouvelle dans un contexte de sécheresse ?

Ce sera l’objet de notre prochain décryptage.

 

Sources : Météo-France et Centre météorologique régional spécialisé cyclones de La Réunion. Bilan établi à partir des informations officielles disponibles pour la saison 2025-2026.

pages à suivre

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