Pourquoi les températures chutent autant dans les Hauts ?
Plusieurs facteurs se combinent.
D’abord, l’altitude. La différence de température entre la côte et les Hauts est plus marquée en hiver, période durant laquelle des températures très faibles peuvent être enregistrées sur les sommets. Pendant l’hiver austral, les minimales sont en moyenne de 2 à 4°C sur les sommets, et il n’est pas rare d’observer des températures négatives.
Ensuite, l’état du ciel joue un rôle déterminant. La sortie du modèle AROME consultée pour l’aube du 2 juillet simulait une nébulosité proche de 0% sur une grande partie de La Réunion, autrement dit quasiment pas de nuages au moment le plus froid de la nuit. Rappelons qu’AROME est un modèle de prévision à échelle fine, utilisé pour affiner la prévision à petite échelle.
Lorsque le ciel est clair, la surface terrestre se refroidit plus rapidement pendant la nuit. Le sol perd son énergie par rayonnement, puis refroidit la couche d’air au contact du sol. À l’inverse, les nuages agissent comme une couverture et limitent ce refroidissement nocturne.
Dans les Hauts, ce mécanisme peut être encore plus efficace. L’altitude abaisse naturellement les températures, et les secteurs encaissés ou les plaines d’altitude peuvent localement favoriser l’accumulation d’air froid près du sol. Résultat : dès que le ciel se dégage et que le vent reste limité, les minimales peuvent rapidement chuter.

Simulation de nébulosité totale du modèle AROME DOMTOM 2,5 km pour le jeudi 2 juillet 2026 à 02 UTC. Sur La Réunion, le ciel apparaît quasiment dégagé à l’aube (nébulosité 0% dans les Hauts), une configuration favorable au fort refroidissement nocturne dans les Hauts et à la formation de givre localement. Source / crédit : Météociel – Source Météo-France.
Le givre s’invite dans les Hauts
Avec des températures proches de 0°C, voire négatives localement, le givre trouve des conditions favorables dans les Hauts de La Réunion.
Le mécanisme est simple : lorsque l’air se refroidit, il peut atteindre la saturation, autrement dit, un air saturé en vapeur d’eau, avec risque de nuage, pluie, brouillard, rosée ou givre.
En surface, le refroidissement peut être encore plus marqué qu’à hauteur de station. Le sol, les herbes, les pare-brise, les toitures ou les surfaces exposées peuvent devenir plus froids que l’air mesuré à environ 1,5 ou 2 m du sol. Si ces surfaces passent sous 0°C et que l’humidité est suffisante, de petits cristaux de glace peuvent se former : c’est le givre.
Ce n’est donc pas forcément un épisode exceptionnel, mais c’est un marqueur très visible de l’hiver austral dans les Hauts.