Zone suspecte 99A : future cyclogenèse à venir dans l'océan indien

Tous les indices semblent à présent converger vers la survenue d'un épisode cyclonique dans l'océan indien au cours des prochains jours.

Carte de risque de cyclogenèse ©NOAA

Un signal de cyclogenèse persistant

L'activité cyclonique devrait franchement reprendre ces prochains jours dans l'océan indien. Elle est prévue se déroulée dans sa partie nord, plus exactement en mer d'Arabie. Les principaux modèles de prévisions numériques montrent tous un signal persistant de cyclogenèse dans l'océan indien nord, ce qui généralement est le signe que quelque chose va se passer.

La zone suspecte d'où cette formation cyclonique devrait démarrer a été numérotée 99A par la Navy. Sur les images satellites de ce matin, l'activité convective (orageuse) associée à cette zone suspecte est relativement forte et s'étale sur presque toute la largeur de la mer d'Arabie.

Image satellite mer d'arabie et zone suspecte 99A ©NRL

©NRL

Pour le moment, les modèles de prévision n'initialisent pas encore de centre dépressionnaire bien défini. L'observation des données  ASCAT ces jours à venir permettra de guetter la mise en place d'une circulation dépressionnaire initiale, nécessaire au lancement de la cyclogenèse.

Stade encore très embryonnaire

Les conditions environnementales qui règnent en mer d'Arabie devrait permettre à l'éventuel système de se creuser significativement et pourquoi pas devenir la future tempête tropicale LUBAN. Le cisaillement modéré à fort qui bloque le développement de la zone perturbée 92S dans l'océan indien sud est au contraire faible au nord de l'équateur. De plus, l'accélération des vents d'ouest équatoriaux devrait renforcer l'alimentation de basse couche de 99A.

Carte cisaillement mer d'Arabie ©CIMSS

Carte cisaillement ©CIMSS - La zone marquée en vert matérialise un faible cisaillement.

La circulation dépressionnaire associée au système devrait s'améliorer à partir de samedi. Le timing concernant le développement de la zone suspecte diffère encore. Le modèle européen IFS prévoit que le stade de tempête soit atteint dès dimanche, alors que le modèle américain GFS suggère ce stade atteint plutôt lundi.

LUBAN après MEKUNU?

En termes de trajectoire, les propositions sont encore relativement éparpillées. Cette situation est logique dans la mesure où nous parlons pour l'instant d'un phénomène très embryonnaire et dont le centre n'est pas encore initialisé par les modèles. En résumé, on peut dire que pour le moment deux options se dessinent.

La première matérialisée par IFS prévoit un système se déplaçant sur une trajectoire relativement constante de secteur nord-ouest jusqu'à l'atterrissage sur le sultanat d'Oman. La seconde, proposée par GFS, NAVGEM et UKMO suggère un phénomène avec une trajectoire plus nettement orientée vers le nord et donc moins menaçante pour le sultanat.

Toutes ces perspectives peuvent encore être chamboulées tant qu'un centre dépressionnaire ne sera pas constitué. Mais quoiqu'il en soit, la situation sera à suivre de près en mer d'Arabie qui était restée muette depuis le remarquable cyclone MEKUNU en mai dernier. Je vous invite d'ailleurs à découvrir pourquoi ce cyclone est entré dans l'histoire de ce bassin cyclonique et les images incroyables d'un des déserts les plus arides au monde recouvert de lacs à cause de MEKUNU.

PR

  • Source : Analyse produite à partir des données des modèles de prévision globaux et des cartes d'analyses CIMSS / NOAA / NRL / http://moe.met.fsu.edu

 Aux médias : Merci de mentionner mon blog en cas de reprise des informations et analyses publiées dans cet article 

bassin nord

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