Pourquoi la saison des ouragans 2026 est-elle si exceptionnelle ?
Le nombre de tempêtes tropicales ne suffit pas à lui seul à mesurer l’anomalie de 2026.
Cinq systèmes ont déjà atteint le stade de tempête tropicale : Arthur, Bertha, Cristobal, Dolly et Edouard. D’autres saisons avaient connu encore moins de tempêtes au même moment. En 1977, 1983 ou 1992, par exemple, seulement trois tempêtes avaient été recensées au 20 septembre.
La véritable particularité de 2026 se trouve ailleurs : aucun système n’a réussi à devenir un ouragan.
Dans toutes les saisons étudiées depuis 1967, au moins un ouragan s’était déjà formé avant le 20 septembre. Les précédents débuts les plus tardifs remontaient notamment à 2002 et 2013, lorsque le premier ouragan avait été observé le 11 septembre.
En 2026, cette date est désormais dépassée.
L’intensité maximale observée illustre également cette faiblesse. Bertha et Edouard ont culminé à 50 nœuds, soit environ 93 km/h. Aucun système n’a donc approché le seuil de 64 nœuds correspondant au stade d’ouragan.
Sur la période 1967-2026 étudiée, 50 nœuds constitue la plus faible intensité maximale d’une saison au 20 septembre.
Un ACE extrêmement faible
L’ACE, pour Énergie Cyclonique Cumulée, permet de mesurer l’énergie totale produite par les cyclones tropicaux en tenant compte à la fois de leur intensité et de leur durée.
Calculé à partir des données de vent IBTrACS aux échéances synoptiques, l’ACE de la saison 2026 atteint seulement environ 5 unités au 20 septembre.
C’est le niveau le plus faible de la période étudiée depuis 1967. Le précédent minimum ressort autour de 11,3 en 1994.
Autrement dit, l’anomalie de 2026 ne correspond pas seulement à un petit nombre de phénomènes : les systèmes apparus ont également été faibles et généralement peu durables.
2026 face aux autres saisons El Niño depuis 1967
Pour comprendre si cette inactivité peut être reliée à El Niño, les données cycloniques ont été comparées aux années présentant des conditions El Niño pendant l’été boréal à partir du Relative Oceanic Niño Index, ou RONI, de la NOAA.
Le RONI est désormais utilisé par la NOAA pour le suivi officiel de l’ENSO. La NOAA définit les conditions El Niño lorsque cet indice dépasse le seuil de +0,5 °C selon les critères retenus pour identifier un épisode.
Parmi les années comparables depuis 1967 figurent notamment 1968, 1972, 1976, 1977, 1982, 1987, 1991, 1992, 1993, 1994, 1997, 2002, 2004, 2015, 2023 et 2026.
Plusieurs de ces saisons ont effectivement connu une activité réduite.
Mais aucune n'avait présenté le profil de 2026 au 20 septembre.