Saison des ouragans 2026 : une inactivité historique dans l’Atlantique

Saison des ouragans 2026 : une inactivité exceptionnelle dans l’Atlantique, même pour une année El Niño

0

Dans Infos Cyclone

Au 20 septembre 2026, la saison des ouragans dans l’Atlantique Nord affiche une inactivité exceptionnelle : cinq tempêtes tropicales ont été recensées, mais aucune n’a atteint le stade d’ouragan. Une situation inédite depuis le début de l'ère satellitaire en 1967, alors qu’El Niño impose cette année des conditions atmosphériques défavorables à l’intensification des cyclones dans l’Atlantique.

À retenir

Au 20 septembre 2026 :

  • 5 tempêtes tropicales
  • 0 ouragan
  • 0 ouragan majeur
  • Intensité maximale : 50 nœuds, soit environ 93 km/h
  • ACE provisoire : environ 5
  • Aucun premier ouragan aussi tardif depuis 1967
  • Précédente saison la plus faible en ACE à cette date : 1994, avec environ 11,3
  • El Niño est présent et devrait continuer à renforcer le cisaillement vertical du vent sur l’Atlantique
  • Mais l’inactivité de 2026 est plus marquée que lors de toutes les autres années El Niño comparées depuis 1967

Comparaison réalisée à partir des données IBTrACS de l’Atlantique Nord, avec toutes les saisons arrêtées au 20 septembre afin de comparer la même période.

 

Pourquoi la saison des ouragans 2026 est-elle si exceptionnelle ?

Le nombre de tempêtes tropicales ne suffit pas à lui seul à mesurer l’anomalie de 2026.

Cinq systèmes ont déjà atteint le stade de tempête tropicale : Arthur, Bertha, Cristobal, Dolly et Edouard. D’autres saisons avaient connu encore moins de tempêtes au même moment. En 1977, 1983 ou 1992, par exemple, seulement trois tempêtes avaient été recensées au 20 septembre.

La véritable particularité de 2026 se trouve ailleurs : aucun système n’a réussi à devenir un ouragan.

Dans toutes les saisons étudiées depuis 1967, au moins un ouragan s’était déjà formé avant le 20 septembre. Les précédents débuts les plus tardifs remontaient notamment à 2002 et 2013, lorsque le premier ouragan avait été observé le 11 septembre.

En 2026, cette date est désormais dépassée.

L’intensité maximale observée illustre également cette faiblesse. Bertha et Edouard ont culminé à 50 nœuds, soit environ 93 km/h. Aucun système n’a donc approché le seuil de 64 nœuds correspondant au stade d’ouragan.

Sur la période 1967-2026 étudiée, 50 nœuds constitue la plus faible intensité maximale d’une saison au 20 septembre.

 

Un ACE extrêmement faible

L’ACE, pour Énergie Cyclonique Cumulée, permet de mesurer l’énergie totale produite par les cyclones tropicaux en tenant compte à la fois de leur intensité et de leur durée.

Calculé à partir des données de vent IBTrACS aux échéances synoptiques, l’ACE de la saison 2026 atteint seulement environ 5 unités au 20 septembre.

C’est le niveau le plus faible de la période étudiée depuis 1967. Le précédent minimum ressort autour de 11,3 en 1994.

Autrement dit, l’anomalie de 2026 ne correspond pas seulement à un petit nombre de phénomènes : les systèmes apparus ont également été faibles et généralement peu durables.

 

2026 face aux autres saisons El Niño depuis 1967

Pour comprendre si cette inactivité peut être reliée à El Niño, les données cycloniques ont été comparées aux années présentant des conditions El Niño pendant l’été boréal à partir du Relative Oceanic Niño Index, ou RONI, de la NOAA.

Le RONI est désormais utilisé par la NOAA pour le suivi officiel de l’ENSO. La NOAA définit les conditions El Niño lorsque cet indice dépasse le seuil de +0,5 °C selon les critères retenus pour identifier un épisode.

Parmi les années comparables depuis 1967 figurent notamment 1968, 1972, 1976, 1977, 1982, 1987, 1991, 1992, 1993, 1994, 1997, 2002, 2004, 2015, 2023 et 2026.

Plusieurs de ces saisons ont effectivement connu une activité réduite.

Mais aucune n'avait présenté le profil de 2026 au 20 septembre.

 

 Restez informé(e)  : inscrivez-vous à notre newsletter et recevez directement nos analyses, alertes et décryptages dans votre boîte mail

JE M'ABONNE

Saison El Niño Tempêtes Ouragans Majeurs ACE au 20 sept.
1968740≈ 37
1972630≈ 35
1976842≈ 73
1977331≈ 19
1982521≈ 31
1987610≈ 23
1991522≈ 29
1992321≈ 36
1993941≈ 42
1994410≈ 11
1997631≈ 43
20021020≈ 26
20041395≈ 187
2015921≈ 28
20231563≈ 134
2026500≈ 5

Comparaison de l’énergie cyclonique ACE des saisons El Niño dans l’Atlantique Nord depuis 1967 jusqu’au 20 septembre

La comparaison permet de dégager un résultat particulièrement net : toutes les autres saisons El Niño étudiées avaient déjà produit au moins un ouragan au 20 septembre.

Même 1994, qui était jusqu’ici la référence la plus proche d’une saison extrêmement peu énergétique, comptait déjà un ouragan et un ACE plus de deux fois supérieur à celui de 2026.

À l’inverse, El Niño n’empêche pas systématiquement une saison active. 2004 et 2023 constituent deux contre-exemples spectaculaires, avec respectivement neuf et six ouragans déjà observés au 20 septembre.

El Niño favorise donc statistiquement une réduction de l’activité atlantique, mais il ne détermine pas à lui seul le nombre de cyclones d’une saison.

 

 

Quel rôle joue El Niño dans l’inactivité de l’Atlantique en 2026 ?

Le lien entre El Niño et la réduction de l’activité cyclonique dans l’Atlantique est bien documenté.

El Niño correspond au réchauffement d'une partie du Pacifique tropical accompagné de modifications importantes de la circulation atmosphérique.

Ces modifications peuvent augmenter le cisaillement vertical du vent sur une partie de l’Atlantique tropical et de la mer des Caraïbes.

Le cisaillement correspond à une variation de la vitesse ou de la direction du vent avec l’altitude. Lorsqu’il devient important, il peut désorganiser la structure verticale d’un cyclone tropical et rendre son développement ou son intensification plus difficile.

El Niño tend ainsi à augmenter le cisaillement dans l’Atlantique, rendant le contexte défavorable à la cyclogenèse ou au maintient de l'activité.

Cette influence était d’ailleurs intégrée dans les prévisions saisonnières de la NOAA.

Dans sa mise à jour du 6 août 2026, l'agence estimait à 75 % la probabilité d’une saison moins active que la normale. Elle prévoyait alors 7 à 13 tempêtes nommées, 2 à 6 ouragans et 0 à 2 ouragans majeurs sur l’ensemble de la saison.

La NOAA indiquait explicitement qu’El Niño perturbait les conditions généralement favorables de l’Atlantique et que les modèles prévoyaient un cisaillement vertical supérieur à la normale dans la principale zone de développement des systèmes tropicaux du bassin nord atlantique.

 

El Niño est-il responsable de tout ?

Les données historiques invitent à la nuance. En effet, deux années El Niño peuvent produire des saisons totalement différentes.

En 1997, malgré un El Niño très puissant, trois ouragans existaient déjà au 20 septembre. En 2015, également marqué par un puissant El Niño, deux ouragans s’étaient déjà formés.

Et surtout, des saisons comme 2004 ou 2023 montrent qu’une activité importante reste possible lorsque d’autres paramètres atmosphériques et océaniques compensent en partie l'influence d'El Niño.

En résumé, El Niño n'arrête pas les ouragans. Les données montrent plutôt qu’El Niño constitue un important facteur défavorable à l’activité cyclonique cette année, mais que l’extrême faiblesse observée jusqu’au 20 septembre ne peut pas être attribuée à ce seul phénomène.

 

 

La saison des ouragans 2026 peut-elle encore se réveiller ?

La réponse est clairement Oui ! Le caractère exceptionnel de la première partie de saison ne signifie pas que l’Atlantique restera calme jusqu’au mois de novembre.

La saison officielle des ouragans s’étend jusqu’au 30 novembre et septembre ainsi qu’octobre peuvent encore produire des ouragans.

La NOAA précise dans sa prévision actualisée d’août qu’une partie importante de l’activité restante était susceptible de se concentrer pendant les mois d’août, septembre et octobre.

El Niño devrait toutefois rester un élément majeur de l’environnement atmosphérique.

Dans son bulletin ENSO de septembre 2026, le Climate Prediction Center attribue 100 % de probabilité à El Niño pour la période août-septembre-octobre, ainsi que pour les trimestres suivants jusqu’à l’hiver boréal.

L’activité peut donc reprendre, mais cela n’effacera pas le constat établi au 20 septembre : jamais depuis 1967 une saison de l’Atlantique Nord n’était arrivée aussi loin dans l’année sans produire le moindre ouragan dans les données étudiées.

Il suffirait néanmoins d’un seul cyclone intense pour modifier rapidement le bilan énergétique de la saison et, surtout, provoquer des impacts importants.

Une saison globalement peu active ne signifie jamais une saison sans risque.

 

 

Sources, méthode et mise à jour

Article mis à jour le 21 septembre 2026.

  • NOAA / NCEI — IBTrACS v04r01
  • Archive internationale des trajectoires et intensités des cyclones tropicaux. Les saisons de l’Atlantique Nord ont été comparées de 1967 à 2026, avec un arrêt systématique des données au 20 septembre pour rendre les années comparables.
  • NOAA Climate Prediction Center — RONI
  • Historique du Relative Oceanic Niño Index utilisé pour comparer les saisons aux différentes phases de l’ENSO. Le RONI est désormais utilisé par la NOAA pour le suivi officiel d’El Niño et La Niña.
  • NOAA Climate Prediction Center — Atlantic Hurricane Season Outlook
  • Prévisions officielles et analyse des facteurs influençant la saison des ouragans 2026.
  • NOAA Atlantic Oceanographic and Meteorological Laboratory — AOML
  • Documentation sur le lien entre El Niño, cisaillement vertical du vent et activité cyclonique dans l’Atlantique.

Méthode

  • Une tempête est comptabilisée lorsqu’elle atteint au moins 34 nœuds dans les données utilisées. Le seuil d’ouragan est fixé à 64 nœuds.
  • L’ACE provisoire est calculé à partir des vents maximaux soutenus aux échéances synoptiques de 00, 06, 12 et 18 UTC lorsque l’intensité atteint au moins le stade de tempête tropicale.
  • Les chiffres de 2026 sont donc provisoires et correspondent uniquement à l’état de la saison jusqu’au 20 septembre.

INSCRIVEZ-VOUS AU SERVICE ALERTE PAR MAIL

service alerte par mail

Comment ça marche ?

  1. Vous êtes prévenus en cas de risque de formation cyclonique
  2. Vous êtes régulièrement informés en cas de menace pour les terres habitées
  3. Partage d'une selection d'article ou infos du blog à ne pas manquer
  4. Un service entièrement gratuit

Ce service concerne uniquement le bassin Sud-ouest océan indien et vous avez la possibilité de vous désinscrire à tout moment via les liens de désinscription présents sur chaque mail.

Ajouter un commentaire

Anti-spam