Saison cyclonique 2026-2027 : les tendances de l'ECMWF pour novembre à avril

Saison cyclonique 2026-2027 : les tendances de l'ECMWF pour la période novembre à avril

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Dans Infos Cyclone

Moins de tempêtes, moins de cyclones et une énergie cyclonique en recul : c'est la tendance qui se dégage des dernières prévisions de l'ECMWF pour novembre 2026 à avril 2027. Mais ces projections doivent être nuancées, notamment concernant leur fiabilité et les risques pour les territoires du sud-ouest de l'océan Indien.

À RETENIR

  • Tempêtes tropicales : Nombre prévu environ 10 % inférieure à la climatologie.
  • Cyclones tropicaux : Nombre prévue environ 17 % inférieure à la climatologie.
  • Énergie cyclonique accumulée (ACE) : déficit prévu d'environ 30 %.
  • Répartition géographique : densité des passages réduite sur plusieurs secteurs, notamment autour de Madagascar, avec une situation plus contrastée dans le reste du bassin.
  • Fiabilité : aucun des trois déficits chiffrés n'est statistiquement pas robuste avec une incertitude donc très élevée.

 

Quelles sont les dernières tendances de l'ECMWF pour la saison cyclonique 2026-2027 ?

Les prévisions saisonnières du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), initialisées le 1er octobre 2026, présentent une orientation générale à la baisse de l'activité cyclonique dans le sud-ouest de l'océan Indien.

Pour la période de novembre 2026 à avril 2027, le modèle saisonnier SEAS5 envisage des valeurs inférieures à sa climatologie pour les trois principaux indicateurs étudiés : la fréquence des tempêtes tropicales, celle des systèmes atteignant le stade cyclonique et l'énergie cyclonique accumulée.

Toutefois, ces résultats constituent des projections saisonnières et non une prévision du déroulement exact de la prochaine saison.

 

Nombre de tempêtes tropicales : une baisse d'environ 10 %

Le premier indicateur concerne la fréquence des tempêtes tropicales.

Selon les dernières sorties de SEAS5, le nombre de tempêtes tropicales pourrait être inférieur d'environ 10 % à la climatologie entre novembre et avril.

Cette projection suggère donc un nombre de système évoluant en tempête légèrement déficitaire, sans écart particulièrement marqué.

Il est important de noter que le déficit actuellement envisagé n'atteint pas le seuil de significativité statistique de 5 % retenu sur le produit saisonnier.

Autrement dit, si la tendance est donc légèrement déficitaire, le signal n'est pas suffisamment robuste pour conclure à une baisse certaine du nombre de tempêtes.

 

Nombre de cyclones tropicaux : un déficit prévu supérieur à 10 %

Le deuxième indicateur porte sur les systèmes parvenant à atteindre le statut de cyclone tropical.

Pour la même période, l'ECMWF prévoit une fréquence de cyclones environ 17 % inférieure à la climatologie.

Néanmoins, comme pour le précédent indicateur, les prévisions présentent une dispersion notable entre les scénarios du modèle.

Le déficit projeté n'est, là encore, pas statistiquement significatif. De fait, l'ampleur réelle de cet éventuel déficit est jugé incertaine.

 

Énergie cyclonique accumulée : un recul prévu d'ENVIRON 30 %

C'est sur ce troisième indicateur que le déficit envisagé apparaît le plus important.

Selon le produit Accumulated Cyclone Energy (ACE), l'énergie cyclonique accumulée pourrait être de plus ou moins 30 % inférieure à la climatologie entre novembre 2026 et avril 2027.

L'ACE permet d'apprécier l'activité cyclonique en tenant compte de plusieurs caractéristiques des systèmes, notamment leur intensité et leur durée de vie. Plus que le nombre de système, c'est l'indice le plus représentatif pour qualifier le niveau d'activité d'une saison.

Ainsi, des phénomènes intenses et durables contribuent davantage à l'énergie cumulée que des systèmes plus faibles ou de courte durée.

Un déficit d'ACE peut donc être associé à différentes configurations d'activité cyclonique. Il ne signifie pas nécessairement une diminution équivalente du nombre de tempêtes ou de cyclones.

Cette projection pourrait correspondre à une saison globalement moins énergétique, mais elle ne permet pas de déterminer l'intensité maximale que pourront atteindre les futurs phénomènes.

Comme pour les deux précédents indicateurs, le déficit de 30 % ne présente pas de significativité suffisamment robuste, ce qui induit là aussi une incertitude élevée.

Il s'agit donc d'une tendance défavorable au développement d'une activité cyclonique fortement énergétique à l'échelle du bassin, et non de la garantie d'une saison dépourvue de phénomènes intenses.

 

 

COMMENT POURRAIT SE REPARTIR L'ACTIVITÉ CYCLONIQUE CETTE SAISON ?

Au-delà du nombre de phénomènes et de leur énergie, l'ECMWF propose également un produit permettant d'examiner la répartition géographique de l'activité cyclonique.

Contrairement aux indicateurs précédents, cette carte ne mesure pas l'activité totale du bassin. Elle représente les anomalies de densité des passages de tempêtes tropicales par rapport au comportement habituel du modèle.

L'ECMWF distingue trois catégories : une densité attendue réduite, une densité habituelle et une densité renforcée.

 

Une densité réduite sur plusieurs secteurs de l'océan Indien

La carte présente une importante plage de densité réduite sur une grande partie du bassin.

Dans la zone Ouest, à l'ouest de 50°E, une densité réduite apparaît largement autour de Madagascar et dans le canal du Mozambique.

Dans la zone Centrale, entre 50°E et 70°E, la situation est plus contrastée. Des plages de densité réduite côtoient des secteurs où les valeurs restent dans la catégorie habituelle, notamment aux latitudes des Mascareignes.

Dans la zone Est, entre 70°E et 90°E, une large bande présente également une densité inférieure à la référence du modèle.

 

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QUELLES CONSÉQUENCES POUR LES TERRITOIRES ?

Une activité cyclonique globalement inférieure à la normale ne signifie pas nécessairement une diminution comparable du risque pour chaque territoire.

La répartition des trajectoires est particulièrement importante pour les îles et les régions côtières du bassin.

 

anomalies standardisées de la densité des passages de tempêtes tropicales

Anomalies standardisées de la densité des passages de tempêtes tropicales prévues par SEAS5. Bleu : densité réduite ; beige : densité habituelle ; rouge : densité renforcée. Prévisions initialisées le 1er octobre 2026. Source : ECMWF.

 

Madagascar et Mozambique : une densité de passages réduite

Les projections de l'ECMWF montre un signal de densité réduite sur Madagascar et le canal du Mozambique.

Cette configuration présente une cohérence qualitative avec les perspectives régionales du SWIOCOF-15, publiées en septembre 2026.

Dans sa déclaration officielle, le forum anticipe un risque d'atterrissage cyclonique inférieur à la normale sur les côtes de Madagascar et du Mozambique.

Toutefois, cette perspective ne signifie absolument pas risque zéro.

 

La Réunion, Maurice et Rodrigues : une situation plus nuancée

Pour les Mascareignes, la carte de densité ECMWF présente principalement des valeurs situées dans la plage habituelle aux latitudes des îles, malgré des anomalies réduites sur certains secteurs voisins.

Cette signature correspond donc plutôt à un risque cyclonique proche de la normale pour l'archipel.

Une saison moins active à l'échelle du bassin ne signifie pas nécessairement que La Réunion, Maurice ou Rodrigues seront moins exposées aux impacts.

 

Comores et Mayotte : risque diminué

L'anomalie déficitaire concerne également le nord du canal du Mozambique. À ce stade, le scénario d'un risque diminué par rapport à la normale est simulé par l'ECMWF.

 

 

INCERTITUDES ET PROCHAINES PERSPECTIVES

Les quatre produits examinés présentent une orientation générale cohérente : les prévisions de fréquence des tempêtes, de fréquence des cyclones et d'énergie cyclonique se situent sous leur climatologie, tandis que la carte de densité fait apparaître plusieurs régions où les passages pourraient être moins fréquents.

Mais cette convergence doit être interprétée avec prudence.

Les trois déficits chiffrés ne sont pas statistiquement robustes. Leur ampleur ne permet pas d'affirmer avec suffisamment de confiance que l'activité sera réellement inférieure à la normale.

 

Une nouvelle étape attendue fin octobre

De nouvelles perspectives régionales sont attendues le 28 octobre 2026, lors du mini-forum cyclonique organisé sous l'égide de l'Organisation météorologique mondiale, avec la participation du CMRS de La Réunion.

Cette prochaine échéance doit notamment permettre de préciser les tendances d'activité, la répartition géographique des systèmes, les types de trajectoires envisagés et les zones potentiellement exposées de manière officielle.

Elle sera particulièrement importante pour confronter les dernières sorties des modèles saisonniers aux analyses du CMRS de La Réunion.

Pour approfondir : Saison cyclonique 2026-2027 : les tendances officielles du SWIOCOF.

 

 

Sources et suivi

Les écarts en pourcentage présentés dans cet article ont été calculés à partir des valeurs prévues et climatologiques affichées sur les produits officiels de l'ECMWF. Ils ne constituent pas des prévisions officielles de Météo-France.

ECMWF et  OMM — Déclaration officielle du SWIOCOF-15, septembre 2026

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