Ace saison cyclonique 2021 2022

La laborieuse saison cyclonique 2021/2022 à l'échelle de l'hémisphère Sud

Le 08/01/2022 à 09:03 0

Dans Le coin expert

L'activité cyclonique 2021/2022 à l'échelle de l'hémisphère Sud est significativement en-dessous de la normale saisonnière. La faute à un bassin Sud-Ouest de l'océan indien littéralement en panne et à un Pacifique Sud timide.

L'hémsiphère Sud entre dans le coeur de la saison cyclonique 2021/2022

Les régions tropicales de l'hémisphère Sud entrent dans le cœur de la saison cyclonique 2021/2022. La période Janvier/Févier/Mars est en théorie la plus active en terme d'activité cyclonique. Toutefois, cela n'empêche pas que des systèmes sont généralement observés bien avant, dans la mesure où la saison cyclonique démarre habituellement dès le mois de Novembre, parfois avant dans le cas de saison précoce.

Cette saison cyclonique 2021/2022 de l'hémisphère Sud n'échappe pas à la règle. En effet, 3 systèmes ont évolué au cours des mois de Novembre et Décembre. Il s'agit des tempêtes PADDY et TERATAI dans l'océan indien Sud-Est et du cyclone RUBY dans le Pacifique Sud-Ouest. Ce dernier a secoué la Nouvelle Calédonie, ce qui constitue le premier impact direct sur des terres habitées.

Par la suite, nous avons l'éphémère tempête tropicale SETH qui a évolué à l'Est de l'Australie en tout début d'année. Ce phénomène porte le nombre total de système baptisé à 4 pour l'ensemble de l'hémisphère Sud.

Une activité significativement faible à l'échelle de l'hémsiphère Sud

4 systèmes observés sur l'ensemble de l'hémisphère Sud alors que le mois de Janvier est entamé, c'est anormalement peu. D'ailleurs, cette anomalie commence à attirer l'attention des experts. Le spécialiste américain des ouragans, Philip Klotzbach, en fait part sur son compte twitter. Selon lui, l'ensemble de ces systèmes n'ont généré que 12% de l'énergie cyclonique accumulée (ACE) jusqu'à présent.

En résumé, outre le faible nombre de système, l'activité cyclonique de la saison 2021/2022 de l'hémisphère Sud est très en-dessous de la normale. L'indice ACE qui permet de qualifier de manière pertinente et objective le niveau d'activité, est significativement bas à ce stade de la saison.

Il démontre que non seulement nous avons eu peu de système, mais ils furent d'intensité ou de durée de vie modeste. Seul RUBY sauve un peu l'honneur. Pour Philip Klotzbach, un ACE aussi faible à ce niveau de la saison n'a été observé qu'une fois en 40 ans. Il s'agit de la saison cyclonique 2016/2017.

La faute au Sud-Ouest océan indien ! Pas que...

Ce déficit d'activité s'explique par la surprenante panne du bassin Sud-Ouest de l'océan indien (SOOI). Habituel gros pourvoyeur pour l'hémisphère Sud, le SOOI n'a toujours pas démarré. Aucune cyclogenèse n'a abouti sur la formation d'au moins une tempête tropicale jusqu'à présent. Pour l'heure, seule la saison 1998/1999 a fait pire depuis le début de l'ère des satellites geostationnaires (vers 1998), avec un premier baptême tardif au 16 Janvier 1999.

Mais le SOOI n'est pas seul responsable. L'activité cyclonique du Pacifique Sud est également relativement discrète. Les 2 systèmes (RUBY et SETH), sont en réalité des trompes l’œil. Selon les données du Department of Atmospheric Science de l'Université de Colorado, l'ACE climatologique est théoriquement autour de 16 au 5 Janvier. Or, il est actuellement de seulement 3.5 à ce stade, traduisant un net déficit d'activité pour ce bassin.

Avec ces deux bassins cycloniques dans le coma pour l'un et timide pour l'autre, pas étonnant que l'activité sur l'ensemble de l'hémisphère Sud soit aussi discrète pour ne pas dire laborieuse. Pour un rattrapage, il faudrait plus de systèmes de forte intensité et à durée de vie plus longue. Autant dire que ce n'est pas gagné !

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