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Météo-France océan indien qualifie la saison cyclonique 2020/2021 d'active

Le 03/06/2021 à 15:51 0

Dans Infos Cyclone

Météo France océan indien dresse le bilan de la saison cyclonique 2020/2021. Selon l'agence météorologique, cette dernière fut active. Toutefois, l'impact sur les terres habitées aura été limité malgré une activité cyclonique marquée.

Comme prévu, une saison active

L'été austral tire sa révérence dans l'hémisphère Sud. Si l'année cyclonique 2020/2021 court jusqu'au 30 Juin, l'activité semble à présent achevée, même si des cyclogenèses peuvent encore ce produire jusqu'à la bascule en 2021/2022. Dans tous les cas, c'est le moment choisi par Météo-France océan indien pour dresser le bilan de cette saison cyclonique 2020/2021 du Sud-Ouest océan indien, bassin pour lequel l'agence a la responsabilité d'assurer la veille cyclonique.

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Le point principal à retenir, c'est une saison qui aura été active, comme l'avait suggéré l'agence en Novembre 2020 dans ses perspectives d'activité. Avec 12 systèmes ayant atteint au moins le stade du baptême sur le bassin, la saison 2020/2021 est supérieure à la normale en termes de nombre (10 étant la moyenne saisonnière).

Toutefois, rappelons que le cyclone Marian n'a fait qu'un très bref passage sur l'extrémité Est du bassin. Le chiffre de 11 systèmes serait donc plus proche de la réalité de l'aveu même de Météo-France.

Autopsie de l'indice ACE

En plus du nombre de système suivi, il faut également scruter l'énergie cyclonique cumulative (ACE). Cet indice qui prend en compte la durée de vie et l'intensité des phénomènes, est un indicateur bien plus représentatif pour qualifier le niveau d'activité d'une saison. Avec un indice total s'élevant à 90, la saison cyclonique 2020/2021 se situe là aussi dans la catégorie des saisons actives.

Les cyclone Faraji et surtout Habana ont été les stars et les moteurs de l'ACE cette saison. Ce dernier, avec une durée de vie au stade de cyclone pendant 8 jours au total, représente à lui seul 37% de l'ACE global ! L'épisode Habana aura indiscutablement contribué à gonfler significativement l'indice ACE et donc de qualifier 2020/2021 comme étant une saison active.

Indice ace 2020 2021

À noter que près de 89% de l'ACE s'est constituée entre Décembre et Mars, donnant un rythme d'activité effréné durant cette période. L'agence explique ce rythme de cyclogenèse soutenu pendant le coeur de l'été austral, par une influence anormalement faible de l'oscillation de Madden Julian (MJO).

Habituellement, ce phénomène ondulatoire à cycle intra-saisonnier, module l'activité cyclonique faisant s'enchainer période d'activité et de pause. Cela n'aura pas été le cas cette saison.

 

À part le Mozambique les terres habitées s'en sortent bien

Malgré une activité officiellement considérée comme supérieure à la normale, l'impact sur les terres habitées aura été moindre. Mise à part le Mozambique frappé par 2 fois, les terres habitées du Sud-Ouest océan indien s'en sortent relativement bien.

Si la perspective d'avoir une recrudescence des trajectoires zonales et paraboliques laissait craindre un risque pour l'Est de Madagascar et les Mascareignes, cette saison aura in fine plutôt épargnée ces territoires.

carte anomalie pression saison cyclonique 2020 2021

Le seul impact significatif pour la Grande Île fut Chalane, qui atterrit sur les côtes Nord-Est au stade de forte tempête en fin d'année 2020. Quant aux Mascareignes, on peut dire que c'est quasiment une non saison. L'archipel a bénéficié du fait qu'aucun système majeur n'ait évolué sur la partie centre-ouest du bassin.

En effet, le contexte de grande échelle cette saison fut marqué par une oscillation australe en phase fortement La Nina dans le Pacifique. Par conséquent, la grande majorité de l'activité s'est concentrée sur le centre de l'océan indien Sud et donc à l'écart des terres habitées.

Les systèmes marquants

  • FARAJI : Honneur au phénomène le plus puissant de cette saison cyclonique 2020/2021. Le système a atteint son pic d'intensité dans la nuit du 8 au 9 Février (125 kt sur 10 min). À ce moment là, le cyclone très intense générait des rafales estimées à 324 km/h.
  • HABANA : Le cyclone tropical intense a marqué cette saison de son empreinte par sa durée de vie au stade de cyclone tropical (8 jours, non consécutivement). Cette intensité prolongée,  favorisée par une trajectoire le maintenant entre 17S et 18S, a permis de booster significativement l'indice ACE de cette saison.
  • CHALANE : Hormis le fait d'avoir impacté Madagascar et le Mozambique, ce système aura marqué par son parcours exceptionnel. En effet, Chalane a entièrement traversé le continent africain d'Est en Ouest. Ce n'est qu'au-dessus de l'Atlantique Sud que le système s'est définitivement dissipé.
  • IMAN : Ce n'est pas par son intensité qu'on retiendra cette faible tempête modérée. En revanche, les réunionnais auront vécu une nuit du 6 au 7 Mars très agitée. Lors de son transit au Sud-Ouest de la Réunion, la bande de convection intense associée au système a traversé l'île, entrainant une dégradation musclée et une puissante activité électrique.

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