Point sur l’oscillation de Madden-Julian (MJO)

L'onde de grande échelle appelée Oscillation de Madden-Julian (MJO)​ module l'activité cyclonique sur l'ensemble des bassins de la planète. Suivre son évolution est donc capitale pour établir des tendances. Le MJO qui est actuellement en phase 8, devrait bientôt faire son retour dans l'océan indien.

C'est quoi cette histoire de MJO ?

Le MJO est un acronyme que l'on entend souvent dans la bouche des passionnés de cyclones tropicaux ou des prévisionnistes cyclone. L'attention particulière accordée à ce phénomène, réside dans le fait que cette ondulation de grande échelle rythme l'activité cyclonique mondiale. Le bassin sud-ouest de l'océan indien, à l'instar de tous les bassins du monde, n'échappe pas à son influence. Le MJO comprend une phase humide qui impulse l'activité et à contrario, une phase sèche qui l'inhibe. Cette onde se propage d'Ouest en Est, renforçant l'activité convective sur son passage.

Fonctionnement de l'oscillation de Madden-Julian (NOAA)

La carte ci-dessus résume le fonctionnement et les effets de l'oscillation de Madden-Julian. L'exemple montre un MJO en phase humide sur l'océan indien et donc en phase sèche sur l'océan pacifique. La zone humide favorise la convection, ce qui à contrario propage de part et d'autre de l'air subsident sec et peu propice au développement nuageux. ©NOAA

C'est en suivant et en anticipant son évolution, que l'on peut établir des tendances à moyen terme. L'intense épisode cyclonique observé durant le mois de janvier dernier, marqué par la formation de 4 cyclones (AVA, IRVING, BERGUITTA et CEBILE), est en grande partie due à une phase humide du MJO sur le bassin. En se déplaçant vers l'Est, cette ondulation va être à l'origine du renforcement de l'activité cyclonique dans le pacifique sud, conduisant à la formation du cyclone GITA. Une phase sèche s'est par la suite installée dans l'océan indien, peu favorables à la cyclogenèse par effet de subsidence, ce qui explique que ce mois de février fut anormalement calme.

Son escapade sur le pacifique touche à sa fin

Le MJO est à présent en phase 8, c'est à dire qu'il se situe sur la partie orientale de l'océan pacifique. Après une forte amplitude observée durant sa traversée du pacifique, l'ondulation a perdu en vigueur depuis la semaine dernière. Actuellement stationnaire selon le Bureau Of Meteorology, l'ensemble des modèles climatiques indiquent une reprise de son mouvement vers l'Est, tout en accélérant graduellement au cours de la semaine à venir, en se dirigeant vers la région américaine puis vers les longitudes africaines.

MJO index du 20/02 au 06/03 (CPC-NOAA)

MJO index du 20/02 au 06/03 ©CPC-NOAA

Le MJO index de la NOAA, qui est un consensus de plusieurs modèles climatiques, prévoit le retour de l'ondulation dans l'océan indien (Phase 2 à 4) vers la fin février à début mars. Sur le graphique, son évolution antérieure est indiquée par les lignes violettes (janvier) et pourpres (février), tandis que la simulation de son évolution future est matérialisée par la ligne verte. Plus la ligne s'éloigne du cercle, plus l'intensité du MJO est importante. Si la ligne est proche ou dans le cercle, cela signifie un MJO de faible amplitude.

Quid des prochaines semaines

Selon la carte de prévision d'évolution du MJO de la NOAA, le retour d'une phase humide sur l'océan indien est attendue vers la fin février ou début du mois de mars. C'est la raison pour laquelle, une réactivation du bassin en termes d'activité cyclonique est anticipée à moyenne échéance.

Pour le moment, il n'y a pas encore de signal de cyclogenèse significatif sur les modèles de prévisions aussi bien déterministes qu'ensemblistes. A priori, rien à signaler dans l'immédiat ou au cours des 5 prochains jours.

PR

  • Source : CMRS de la Réunion / Bureau Of Meteorology / CPC - NOAA
  • Image d'illustration : NOAA
E-mail

climat

Ajouter un commentaire