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02032017

Les pièges à éviter avec les modèles de prévision

Les modèles de prévision numérique sont des logiciels simulant l'état futur de l'atmosphère et indispensables pour l'établissement des prévisions. Vous êtes de plus en plus nombreux à les consulter aidés par certaines applications à la mode comme Windytv. Cependant, pour en faire un bon usage, il y a certains pièges éviter.

1/ les modèles ne sont pas des boules de cristal

Les modèles de prévision numérique les plus performants au monde ne peuvent prévoir l'avenir avec exactitude. Les modèles publient 2 à 4 fois par jours des simulations (run). Celles-ci peuvent être différentes d'un run à l'autre. Lorsqu'une activité cyclonique est simulée par un modèle, il faut prendre cela dans sa globalité et avec beaucoup de recul. Dans un premier temps, les modèles nous servent surtout à nous renseigner sur la probabilité d'assister à une cyclogenèse. Lors de cette phase, il ne sert à rien et cela n'a aucun sens de s'attarder ou s'exciter sur les prévisions d'intensité ou de trajectoire. Lorsque la cyclogenèse est lancée et qu'il est probable d'assister à la formation d'au moins une tempête tropicale, les agences météorologiques officielles commencent à publier leurs propres prévisions d'intensité ou de trajectoire. Il est préférable de se fier aux prévisions expertisées des prévisionnistes, plutôt que de compter uniquement et aveuglément sur les modèles.

2/ Ne vous limitez pas à un seul modèle

Il existe une quantité non négligeable de modèles de prévision numérique, avec chacun leurs qualités et leurs défauts (IFS, GFS, UKMO, NAVGEM, CMC et bien d'autres encore). Les agences elles mêmes ont leurs propres modèle. Météo France par exemple en plus des modèles globaux utilise pour réaliser ses prévisions les modèles ARPEGE et AROME Océan Indien qui ont un domaine de prévision à l'échelle régionale. Se baser sur un seul modèle n'a aucun sens. Il faut prendre en considération l'ensemble des modèles disponibles pour avoir la meilleure interprétation possible, vérifier la stabilité d'une simulation à une autre, vérifier la stabilité d'un modèle à un autre, vérifier la cohérence des simulations etc... Pour compliquer le tout, sachez qu'il y a les modèles dit déterministes et les ensemblistes qu'il ne faut pas négliger. Les ensemblistes sont utiles pour avoir une vision global du champ de trajectoire possible ou pour avoir une idée du niveau de confiance pour une prévision donnée.

3/ Oubliez les simulations à longues échéances

Les modèles de prévision numérique peuvent simuler l'état de l'atmosphère jusqu'à des échéances élevées. Par exemple, le modèle européen IFS peut simuler jusqu'à +240h (10 jours) et GFS jusqu'à +384h (16 jours). C'est formidable me direz vous! Cependant, autant vous dire tout de suite que la fiabilité en général est acceptable à +72h (3 jours). Au delà, elle s'érode rapidement. C'est pour cette raison que nous rappelons régulièrement qu'il ne faut pas accorder une importance exagérée aux prévisions dépassant 3 jours. Plus on va dans le temps, plus la qualité de la simulation est médiocre.

4/ Ne confondez pas application et modèle

Ces dernières années plusieurs applications ont fait leurs apparitions sur la toile. Parmi les plus tendances, il y a Windytv, Windguru ou le site Earth. Sachez qu'il ne s'agit pas de modèle de prévision numérique mais d'application qui mettent en illustration les simulations de certains modèles. La plupart d'entres elles, utilisent les modèles IFS(européen) et GFS ou NAVGEM (américain). Nous voyons ces applications d'un bon oeil car elles permettent de visualiser de manière concrète, rapide et gratuitement les scénarios proposés par certains modèles. Le bémol, c'est justement que seulement certains modèles sont représentés, alors que nous avons vu plus haut qu'il en existe plusieurs et qu'il est nécessaire d'observer tout les modèles pour ne pas avoir une interprétation biaisée.

5/ Ne propagez pas de mauvaises informations

Un utilisateur peu chevronné, ou peu habitué, risque malgré lui de propager de fausses informations ou une fausse rumeurs suite à une mauvaise interprétation. Dans la plupart des cas, les simulations sont très changeantes d'une sortie à une autre. Il est donc important de garder son sang froid, de ne pas céder à la panique ou de ne pas se laisser aller à une excitation exagérer dans le cas ou un modèle suggèrent un scénario alarmant. Protégez-vous également des sites ou pages Facebook alarmistes ou sensationnalistes qui utilisent les modèles à mauvais escient pour créer le buzz. Privilégiez les canaux d'informations officiels ou les pages Facebook qui reprennent les faits sans fioritures, sans exagération et en toute objectivité. N'oubliez pas que les modèles doivent être observés avec neutralité et objectivité. Il n'est pas rare de voir des personnes ayant une interprétation des simulations tendancieuses, allant jusqu'à donner du crédit à des modèles pas très fiables, mais, montrant des perspectives plutôt en accord avec leurs désirs personnels. Dans ce genre de situation, la subjectivité n'est jamais une bonne alliée.

PR

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