Barbuda irma

Les Antilles frappés par le pire ouragan de leur histoire

Le puissant ouragan IRMA commence à impacter les îles du nord de l'arc des Antilles en commençant par Barbuda. Ouragan de catégorie 5, associé à des rafales largement supérieures à 300 km/h, IRMA est le cyclone le plus intense à frapper les petites Antilles. L'impact s'annonce catastrophique.

L'île de Barbuda dans l’œil de l'ouragan IRMA

Lors du dernier point effectué par le Centre National des Ouragans de Miami (NHC) à 0300utc, l'ouragan IRMA (Cat.5) était positionné par 17.4N et 61.1W à proximité immédiate de l'île de Barbuda. La pression au centre du système était de 916 hPa et les vents maxi soutenus de l'ordre de 160 kt (295 km/h) associées à des rafales de 190 kt (350 km/h). L'ouragan se dirigeait en direction de l'ouest nord-ouest à la vitesse de 13 kt (24 km/h). Conformément aux prévisions qui avaient parfaitement anticipées la trajectoire du système, IRMA impact directement les îles situées au nord de l'arc Antillais. Sur son trajet c'est l'île de Barbuda qui est affectée en premier, puis Saint-Barthélémy, Saint-Martin et Angilla. Il est à présent établi que la partie la plus active de ce puissant et destructeur météore concernera directement ces îles. Par conséquent, des rafales d'une violences inouïes, dépassant probablement les 300 km/h et potentiellement catastrophiques sont attendues. Les toutes dernières images satellites montrent que l'île de Barbuda est dans l'oeil du cyclone. Un bref répit au coeur de la tourmente.

Image radar montrant l'île de Barbuda en plein dans l'oeil de l'ouragan IRMA (Météo France)

Image radar exceptionnelle montrant Barbuda dans l'oeil de l'ouragan IRMA (Météo France)

Comment expliquer une telle intensification?

L'intensité atteinte par IRMA dépasse ce qui était prévu par les prévisions. Même si les projections tablaient rapidement sur un système de forte intensité, la catégorie 5 n'était pas la philosophie retenue. Après avoir opéré un cycle de remplacement du mur de l'oeil, entraînant un plafonnement dans son intensité, l'ouragan a connu une phase d'intensification marquée et sans contrainte, le permettant d'atteindre des sommets. Les conditions environnementales particulièrement favorables permettent d'expliquer cela. D'une part, le potentiel thermique disponible est important, dans la mesure ou l'ouragan évolue sur des eaux sous-jacentes dont la température de la surface est particulièrement élevée (+ de 30°C). Mais c'est surtout dans la situation en haute troposphère que se trouve les explications majeures. Premièrement, le cisaillement d'altitude, paramètre habituellement défavorable aux perturbations est impuissant face à IRMA. Le système étant situé sous la dorsale d'altitude est protégé des effets néfastes du cisaillement. Deuxièmement, la divergence d'altitude est efficace, avec la présence de plusieurs canaux d'évacuations (outflow). L'ensemble de ces facteurs combinés ont donc conduit à faire de IRMA le cyclone de tous les superlatifs.

Etat du cisaillement autour de l'ouragan IRMA (CIMSS)

Carte montrant que le cisaillement d'altitude est faible autour et sur le trajet de l'ouragan IRMA. L'épanchement de cirrus sur la façade nord, ouest et sud du système traduit la présence de plusieurs canaux d'évacuations (CIMSS)

Le cyclone de tous les superlatifs

L'intensité d'un cyclone est évaluée en fonction des vents maxi observés ou estimés. La grande partie des centres météorologiques utilisent les vents maxi moyen sur 10 minutes et relevé à 10 mètres d'altitude pour définir l'intensité. Mais dans l'océan Atlantique, bassin sous la responsabilité du NHC de Miami, ce sont les vent maxi soutenues sur 1 minute qui détermine la force d'un ouragan. Avec des vents soutenus de 160 kt, IRMA a pris provisoirement le titre de cyclone le plus puissant de l'année 2017. C'est également le cyclone le plus puissant à avoir jamais menacer les Antilles, et, l'ouragan le plus puissant observé dans l'océan atlantique depuis WILMA en 2005.

Après avoir frapper les Petites Antilles, IRMA est prévu longer les côtes nord des Grandes Antilles, avant une éventuelle bifurcation vers le nord qui emmènerait le cyclone à devenir une menace sérieuse pour la péninsule de Floride. Si les prévisions se réalisent, cela pourrait être un deuxième impact majeur pour les Etats-Unis à peine quelques jours après le catastrophique HARVEY au Texas. Cet épisode cyclonique est loin d'être terminé, d'autant plus qu'un nouvel ouragan est déjà en route à l'Est des Antilles. A suivre...

PR

  • Source : NHC / NRL / CIMSS
  • Image d'illustration : NRL

 

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