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La Réunion : Un drone chasseur de tempête pour percer les secrets des cyclones

18 Février 2019 - Depuis plusieurs jours, un drone destiné à être lancé au coeur des tempêtes tropicales est en phase de test à la Réunion dans le cadre du vaste projet RenovRisk

Drone

RenovRisk, un programme jamais vu pour l'océan indien Sud-Ouest

Comprendre les cyclones du Sud-Ouest de l'Océan Indien afin de mieux appréhender leurs impacts sur les terres habitées et leurs évolutions future! Voilà en résumé l'objet du vaste et ambitieux programme RenovRisk qui m'a été présenté par Olivier Bousquet, Directeur de Recherche au LACy (laboratoire des cyclones de la Réunion) et responsable de RenovRisk Cyclone. C'est la première fois qu'un tel programme de recherche est en cours dans ce bassin cyclonique, impliquant aussi bien des partenaires locaux, régionaux, internationaux et environnementaux.

Renovrisk

©OMM

Financé par l'Europe, la Région et l'État dans le cadre de l'INTERREG V Océan Indien, RenovRisk doit nous permettre d'en apprendre plus sur les processus en jeu dans la formation et la vie d'un cyclone, par le biais de nouveaux moyens d'observation. Il permettra également de mieux cerner et anticiper les différents risques et enjeux associés à ces phénomènes pour les pays et états insulaires de la région, grâce au développement de modèle de prévision nouvelle génération plus performant.

Enfin, RenovRisk c'est aussi une fenêtre ouverte sur l'avenir. Un des axes de travail du programme et de tenter de définir quel serait l'impact du changement climatique sur l'activité cyclonique à horizon 50 à 80 ans, dans le bassin Sud-Ouest de l'Océan Indien.

Un drone chasseur de tempête

Différents moyens, outils, instruments et appareils d'observation et de collecte de données ont été ou seront déployés dans cette optique. Parmi ces expérimentations, un drone bourré de capteur et dénommé "Boréal", est en phase de test à la Réunion depuis plusieurs jours. Sa mission s'annonce périlleuse, puisqu'il sera envoyé au coeur des tempêtes tropicaux ou dans le voisinage immédiat des cyclones.

Drone Boréal chasseur de tempête

©Olivier Bousquet (LACy)

Piloté à distance, le drone devra mesurer et analyser les flux. Il pourra également évaluer la concentration en sel marin qui a un un rôle déterminant dans le processus de développement convectif. Cet aérosol est la source principale de renforcement de la convection. En gros, pas de sel marin, pas de convection et donc pas de cyclone.

Cette machine a une portée de 1000 km pour 10h d'autonomie et une charge utile de 5 kg. Ce drone peut faire face à des vents de 100 à 120 km/h! On est donc très loin du petit drone quadri-hélice avec lequel on s'amuse. Ici, on parle bien d'une machine complexe, qui de surcroît nécessite une coordination avec l'aviation civile pour la sécurité du trafic aérien.

Des réglages avant un test grandeur nature

C'est la première fois que ce drone sera utilisé aussi loin et aussi longtemps, c'est à dire pendant des vols de 7 à 8h et sur des centaines de kilomètres de distance. C'est également la première fois qu'il sera utilisé dans de telles conditions météorologiques.

Pendant deux semaines, plusieurs tests seront effectués en attendant un possible baptême du feu avec le prochain regain d'activité qui pourrait avoir lieu vers la fin du mois, associé au retour d'une Oscillation de Madden-Julian (MJO) active.

PR

Source image : CNRM

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