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AVA s'en va mais laisse des traces sur son passage

Le premier système de la saison cyclonique 2017/2018 aura impacté quasiment tout le bassin sud-ouest de l'océan indien, de l'archipel des Comores aux Mascareignes en passant par Madagascar. C'est la Grande Île qui aura payé un lourd tribut et qui en subit encore les conséquences.

Un réveil brutal

AVA qui avait était déclassée en une dépression tropicale à 0z, fait de la résistance en redevenant une tempête tropicale modérée selon le CMRS de la Réunion lors du point de 6z (10h loc). Malgré cette petite résistance, on approche tout de même de la fin d'un épisode cyclonique qui nous aura tenu sous pression pendant deux semaines. Les premiers signaux de cyclogenèse sur les modèles numériques de prévision remontent quand même à la période de Noël! 

Dans un premier temps, la dispersion des simulations était grande. Néanmoins, deux scénarios se dégageaient. La première option suggérait une intensification rapide, avec un cyclone majeur menaçant directement les Grandes Mascareignes (Réunion/Maurice). La deuxième, simulait un système se dirigeant vers Madagascar et ayant des difficultés à s'intensifier avant de se creuser fortement à proximité de la Grande Île.

C'est finalement la deuxième option qui fut la bonne. Après avoir connu des début laborieux, la cycglogenèse qui peinait va s'accélérer en première partie de la semaine dernière. Le stade du baptême sera atteint le 3 janvier, faisant de AVA l'un des systèmes les plus tardivement baptisé au cours d'une saison dans le bassin sud-ouest de l'océan indien.

La suite on la connait. AVA se renforce et frappe la côte Est de Madagascar au stade de cyclone tropical mature le vendredi 5 janvier. L’œil traverse la ville portuaire de Toamasina (Tamatave) en milieu d'après-midi qui vit un des épisodes cycloniques les plus sévères de ces vingt dernières années.

Madagascar meurtrie

L'impact sur la ville a été rude. Difficile de savoir avec exactitude qu'elle fut l'intensité réelle des rafales qui ont balayé Toamasina. Mais il est fort probable qu'avant de toucher terre, AVA générait près de l’œil des rafales de l'ordre de 220 km/h. Les images des destructions dans la ville permettent de constater que les conditions cycloniques ont été impitoyables. Selon les vidéos et témoignages, c'est après le passage de l’œil, donc lorsque la partie orientale du mur de l’œil est entrée que la dégradation fut la plus forte.

Pour rappel, l’œil qui est une zone calme généralement sans nuage et sans vent, est entouré d'un petit anneau de convection intense appelé mur de l’œil. C'est dans cette zone que se situe les conditions paroxysmiques d'un cyclone. C'est en d'autres termes la zone la plus dangereuse d'un cyclone. Toamasina a donc eu le malheur d'être impacté par ce fameux mur.

L'impact de AVA ne se limite pas à Toamasina. Sur son périple destructeur, le système a provoqué de fortes précipitations relançant le spectre des inondations et glissements de terrain. Selon le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes de Madagascar (BNGRC), le niveau des fleuves de Manapatrana à Farafangana, de Mananjary et de Matitànana montaient progressivement, justifiant l'avis d'alerte rouge pour les riverains de ces fleuves.

A Miandrivazo, la rupture de la digue du fleuve de Mahajilo a provoqué l'inondation de plusieurs villes. Inondation également de la Commune de Mahajamba, dans le District de Mahajanga II. D'autres digues risquaient également de céder, notamment celui de Fenoarivo, dans le District d’Antananarivo Atsimondrano.

La situation dans la capitale est préoccupante. Selon le BNGRC, le danger est bien réel avec un risque de débordement pour les fleuves Ikopa et Sisaony où la cote d’alerte rouge est atteinte à l’échelle d’Ampitatafika. Une alerte rouge pour risque de glissement de terrain est également en cours dans la ville pour les mairies d'Antsahasoa, Ambohipotsy Ambany Andrefana. L’évacuation préventif était fortement conseillée pour la population de ces mairies. 

6 décès et 2 disparus à Madagascar

Dans un communiqué, le BNGRC faisait appel à la vigilance de la population sur les risques de glissement de terrain, d'effondrement de terre et de routes coupées, dues aux fortes pluies de ces derniers jours. Le dernier bilan provisoire faisait état de 6 décès, 2 disparus, 3 blessés, 13 523 personnes déplacées et plus de 63 000 sinistrés.

Si Madagascar est sans contestation possible l'île la plus durement touchée étant donné l'impact direct, ses voisines ont également été sous l'influence du système. La caractéristique d'AVA est son grand rayon d'action. Si le cœur du cyclone était de taille réduite, l'activité pluvio-orageuse qui circulait en périphérie du système s'étendait sur quasiment toute la partie occidentale du bassin sud-ouest de l'océan indien.

L'archipel des Comores, le nord-ouest de la Grande Île, ainsi que l'archipel des Mascareignes ont tous fait face à des conditions météorologiques très perturbées. Ce fut par exemple le cas de l'île de la Réunion qui a vécu un épisode pluvio-orageux digne d'une vraie saison des pluies depuis maintenant presque une semaine, tout comme sa proche voisine Maurice.

 

La saison cyclonique 2017/2018 sur les rails

AVA a signé le réveil de l'océan indien sud-ouest. Ce réveil qui aura été brutal a de suite mis les habitants du bassin dans le vif du sujet. La saison cyclonique qui a mis du temps à démarrer semble maintenant lancer, avec un deuxième cyclone tropical dans le bassin. Selon les prévisions du CMRS de la Réunion, IRVING pourrait devenir le premier cyclone tropical intense de la saison. La bonne nouvelle est que celui-ci restera loin de toutes terres habitées.

PR

  • Source : BNGRC / CMRS de la Réunion
  • Image d'illustration : Présidence de la République de Madagascar
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