Nom saison cyclonique 20172018

AVA, BERGUITTA... comment sont choisis les noms?

Pourquoi le cyclone qui s'est formé après AVA a été baptisé IRVING et non BERGUITTA? Pourquoi la liste des noms est aussi originale? Voyons ensemble comment est établie cette liste et quelle est la procédure de baptême dans le bassin sud-ouest de l'océan indien.

Une liste décidée de manière collégiale

Dans le sud-ouest de l'océan indien, les noms utilisés  à chaque saison cyclonique sont choisis de manière consensuelle lors du Comité des Cyclones Tropicaux, qui se tient en règle général tous les deux ans. Dans cette liste, figure des noms issus de l'ensemble des pays membres de ce comité. Ces pays sont Madagascar, Maurice, la France, les Seychelles, les Comores et une grande partie des pays d'Afrique Austral (Mozambique, Kenya, Tanzanie, Lesotho, Botswana, Malawi, Afrique du Sud, Zimbabwe, Swaziland). Cette diversité, conduit à des listes de noms très originales.

Auparavant, la liste était définie à tour de rôle par un des pays de la zone pour plusieurs années. C'est ainsi que Madagascar donnait les noms des cyclones de la fin des années 80 au début des années 90, suivi des Seychelles jusqu'à la fin des années 90. Durant ces périodes qui ont été plutôt active comparé aux décennies 2000 et 2010, certains noms ont marqué. Du côté Malagasy il y a GASITAO, cyclone le plus puissant de ces 40 dernières années, et du côté Seychellois, la simple évocation des GERALDA et LITANNE fait encore frissonner.

Geralda le 31 Jan 1994 à 12utc (NOAA)

Cyclone Tropical Très Intense GERALDA le 31 janvier 1994 à 12utc

C'est seulement à partir de la saison cyclonique 1960/1961 qu'on donne des noms aux cyclones dans l'océan indien sud-ouest. La liste des noms fut à l'origine exclusivement composée de noms féminins. Cette pratique se poursuivra jusqu'à la saison 1999/2000, ou enfin les noms masculins auront droit de figurer au côté des noms féminins. 

Procédure de baptême

Le baptême d'un système qui ne se fait pas à la légère doit suivre toute une procédure. Deux paramètres entrent en compte dans ce processus. Le premier critère concerne l'intensité du phénomène. Pour être baptisé, un système doit générer des vents moyens sur 10 minutes excédent les 33 nœuds soit un peu plus de 60 km/h. Lorsque ces vents sont estimés atteints, on parle de Tempête Tropicale Modérée (TTM), le système peut donc être baptisé.

Le deuxième paramètre entrant en compte est la localisation. Dans le bassin sud-ouest de l'océan indien, ce sont les services météorologiques de Maurice et de Madagascar qui ont la responsabilité du baptême. Un système qui devient TTM à l'Est de 55E est baptisé par Maurice, tandis qu'à l'Ouest de 55E c'est Madagascar, tout cela en concertation avec le Centre Météorologique Régional Spécialisé cyclone (CMRS) de la Réunion, qui est le centre officiel chargé de la veille cyclonique dans le bassin sud-ouest. En cas de désaccord, le dernier mot revient au CMRS qui peut donc décider de baptiser en dernier recours.

Enfin, il faut savoir que dans certains cas, des tempêtes ou cyclones, baptisés en zone de responsabilité australienne ou indonésienne, pénètrent dans la zone de responsabilité de Météo France. Antérieurement, lorsque ce cas de figure arrivait, le système était aussitôt rebaptisé. C'est ainsi par exemple lors de la saison 1979/1980, que le cyclone baptisé VIOLA en zone australienne devient CLAUDETTE en franchissant la longitude 90E, ligne de démarcation séparant le bassin sud-ouest du bassin sud-est.

Trajectoire complète du cyclone IRVING (Météo France)

Trajectoire complète du cyclone IRVING ©Météo France

Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, dans la mesure ou un système baptisé en zone australienne gardera son nom, même si celui-ci entre dans la zone de responsabilité du CMRS de la Réunion. C'est la raison pour laquelle, Après AVA, il y eu IRVING, système baptisé à l'Est de 90E, mais qui a suivi une trajectoire le faisant entrer dans le bassin sud-ouest.

Dumazile prochain sur la liste

Si vous avez lu jusqu'au bout, vous savez maintenant comment sont choisis les noms et comment sont baptisés les cyclones. Le prochain nom sur la liste qui sera utilisé dans le cas ou un système atteint les critères de baptême est DUMAZILE, nom proposé par le Swaziland. 

PR

  • Source : CMRS de la Réunion / Organisation Météorologique Mondiale
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