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Ouragan Dorian, Typhon Faxai, le réchauffement climatique en cause ?

Plusieurs épisodes cycloniques sévères voire catastrophiques ont marqué cette année 2019. Ces phénomènes puissants, destructeurs et meurtriers sont-ils la conséquence du réchauffement climatique ? La fréquence des cyclones a t-elle augmenté ? Seront-ils plus nombreux et plus intenses dans le futur ? Voyons ce que dit la science sur ce sujet controversé.

Le réchauffement climatique est-il une réalité ?

Au mois de Mars, la région de Beira dans le centre du Mozambique est balayée par le catastrophique cyclone intense Idai, faisant officiellement plus de 600 morts. Au mois d'avril, le puissant cyclone Kenneth frappe le nord du Mozambique, une région inhabituée à des phénomènes de cette intensité. En Inde, Fani est le premier cyclone tropical formé en avril, à frapper l'État d'Odisha avec une telle violence en 43 ans. Récemment, le Nord des Bahamas a été pulvérisé par le pire cyclone de son histoire, alors qu'un typhon frappe le Japon et transite à proximité Tokyo, à une intensité inhabituellement élevée.

De nombreux épisodes cycloniques sévères, voire, catastrophiques, ont eu lieu au cours de cette année 2019. L'enchaînement d'événements historiques, l'ampleur des destructions et les nombreux morts, ont marqué les esprits. En pleine controverse sur le changement climatique, ces phénomènes interrogent sur l'interaction supposée entre réchauffement climatique et cyclone. Il est difficile d'avoir une idée précise du vrai et du faux, tant les rumeurs, fausses informations ou opposition extrême entre réchauffistes et climatosceptiques pourrissent le débat.

Le réchauffement climatique est-il une réalité ? Oui pour le GIEC. Selon le groupe d'expert, le réchauffement global a atteint +1 °C en 2017. Toujours selon le GIEC, le seuil des +1,5 °C de réchauffement devrait être atteint d’ici 2040 à ce rythme. D'après Météo-France, un tel niveau d'élévation de température entrainerait des vagues de chaleur, de fortes précipitations plus fréquentes par endroit et des sécheresses accrues dans d'autres régions du globe. De plus, une possible élévation massive du niveau de la mer est possible d’ici 2100, en raison de la fonte des glaces dans les pôles. Cette situation aurait un impact important sur les îles ou certaines zones côtières.

Les cyclones sont-ils plus nombreux et plus dévastateurs ?

Ce n'est pas les derniers épisodes cycloniques qui vont rassurer les craintes sur l'impact du réchauffement climatique. Toutefois, peut-on réellement dire que les Idai, Fani, Dorian ou Faxai soient des conséquences directes du changement climatique ? Selon Fabrice Chauvin, chercheur au Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM) et spécialiste des cyclones tropicaux, il est impossible d'associer ces phénomènes au dérèglement climatique. 

Les cyclones sont-ils plus nombreux et plus dévastateurs ? Pour répondre honnêtement à cette question, il faudrait avoir des données homogènes, bassin par bassin, sur un laps de temps suffisamment large. Or, ce n'est qu'à partir de la fin des années 70, et l'avénement des satellites géostationnaires que l'on commence à avoir une base fiable. Cela fait à peine une quarantaine d'années de recul, ce qui est bien trop peu pour distinguer l'impact du changement climatique de la variabilité naturelle du phénomène. Mais sur la base des 50 dernières années, il ne ressort pas d'augmentation du nombre de cyclones sur l'ensemble du globe.

Quant au caractère plus destructeur des cyclones, il cache bien souvent une autre réalité. La croissance démographique dans les régions littorales, les constructions inadaptées ou en zone à risque et la dégradation de l'environnement, amplifie l'exposition au risque cyclonique. Bien que l'ouragan Dorian fut un cyclone d'une intensité exceptionnelle, l'aménagement du territoire, les constructions en bord de mer et la fragilité des bâtiments, ont aggravé les conséquences de l'ouragan.

À quoi doit-on s'attendre dans l'avenir ?

Les experts s'accordent à dire que le changement climatique n'a a priori pas d'incidence sur l'activité cyclonique et sur la fréquence des cyclones actuels. Mais qu'en est-il de l'avenir ? D'après les simulations des modèles de prévisions, il apparaît que le nombre de cyclone pourrait diminuer, contre une possible hausse des phénomènes virulents en intensité et en pluie. Toutefois, le résultat de ces prévisions demande d'être consolidé, ce qui n'est pas du tout le cas actuellement.

En revanche, parmi les certitudes, il est constaté un élargissement de la ceinture tropicale et un éloignement de l'équateur de la zone d'intensité maximale des cyclones. Concrètement, cela signifie que le terrain de jeu des cyclones s'élargit. La conséquence pourrait être que des régions habituellement épargnées par des cyclones intenses, ne seraient à l'avenir plus protégées.

PR

Source : Météo France

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