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CTTI BONITA le 9 Janvier 1996

CTTI BONITA, janvier 1996

BONITA, un cyclone que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître et qui pourtant, raisonne dans la mémoire des Malagasy et des passionnés que nous sommes, comme une véritable claque. Alors que la saison 1995/96 avait démarré en fanfare au mois de novembre avec le Super Cyclone AGNIELLE, le bassin sud-ouest de l'océan indien était comme anesthésié, avec aucun système baptisé au cours du mois de décembre 95. Mais, son réveil va s'avérer aussi brutal que violent.

Cyclogenèse et évolution

L'histoire de BONITA débute dans le secteur des CHAGOS, comme c'est souvent le cas pour les cyclogenèses dans le bassin sud-ouest de l'océan indien. Une circulation dépressionnaire se met en place à l'Est de Diego Garcia, dès le 31 décembre 1995. La convection peine à se stabiliser, en raison d'un environnement défavorable en altitude. Il faut attendre le 3 Janvier, pour voir enfin la convection s'organiser autour du minimum. Le 5, le système qui se déplace en direction du sud-ouest, atteint le stade de Dépression Tropicale. A la faveur d'une nette amélioration des conditions en altitude, l'intensification se poursuit et le stade de Tempête Modérée est estimé atteint, dans la nuit du 5 au 6 janvier. A présent, plus rien ne semble arrêter la machine BONITA, qui suit alors une trajectoire ouest sud-ouest régulière. Le 7, le système devient cyclone tropical, alors qu'il passe à moins de 60 km du sud-est de Saint-Brandon.

L'intensification s'emballe

Le 8 Janvier, une brusque intensification est observée, alors que le cyclone s'engage au nord des Grandes Mascareignes. BONITA qui est désormais cyclone intense, passe successivement à 225 km au nord de Maurice, puis 270 km au nord de la Réunion, sur une trajectoire ouest à ouest sud-ouest. Les îles sœurs restent donc à une distance confortable du système qui est de taille réduite, avec un modeste diamètre de 400 km. Dans la nuit du 8 au 9 janvier, l'imagerie radar permet de mettre en évidence l'œil de BONITA, qui est d'une régularité et d'une netteté, ne laissant aucun doute sur la puissance du phénomène. Le système atteint son pic d'intensité le 9, à 6utc, en devenant Cyclone Tropical Très Intense, alors qu'il s'éloigne de la Réunion. Le cyclone génére à ce moment-là dans le mur de l'oeil, des rafales de l'ordre de 310 km/h. Si le météore s'éloigne des Mascareignes, il fonce désormais inexorablement et à la vitesse de 15 km/h, vers Madagascar, tout en surfant sur une dorsale située au sud du cyclone.

Désolation à Madagascar et réactivation sur le Canal du Mozambique

Dans la nuit du 10 au 11 janvier, BONITA frappe de plein fouet les côtes Est de Madagascar, à 50 km au nord de Toamasina (Tamatave), plus précisément dans la localité de Foulpointe. Bien que le système se soit affaibli avant de toucher terre, l'impact sera tout de même rude. Les rafales comme on pouvait le craindre, ont été violentes. 215 km/h a été enregistrée à 20utc à Toamasina et sans doute beaucoup plus à Foulpointe, zone d'impact direct. BONITA, traverse à vitesse grand V toute la largeur de Madagascar d'Est en Ouest. Il amerrit dans le canal du Mozambique dans la nuit du 11 au 12 janvier, en ressortant au sud-ouest de Besalampy. Sérieusement ébranlé par sa traversée des terres Malagasy, le système n'est plus qu'une Tempête Modérée. Mais au contact des eaux chaudes du Canal, BONITA entame une nouvelle phase d'intensification, jusqu'à atteindre de nouveau le stade de cyclone tropical, le 13 janvier à 12utc. Sur une trajectoire ouest, elle finit sa course sur le Mozambique dans la nuit du 13 au 14, touchant terre entre Pebane et Quelimane, où le système provoquera des dégâts importants sur les habitations et des inondations détruisant 2.500 ha de cultures.

Bénéfique pour certains pays d'Afrique

BONITA aura parcourus 5000 km en suivant une trajectoire de type zonale, lui permettant une longévité et une intensité remarquable. Hélas, le cyclone aura provoqué sur son trajet de mort, 25 décès à Madagascar, 17 décès au Mozambique, semant la désolation et le désarroi le plus total sur son passage. Mais dans tout ce malheur, les restes de BONITA, permettront d'apporter des précipitations bénéfiques pour le Malawi, le Zimbabwe et le nord de l'Afrique du sud. BONITA est sans conteste, un cyclone majeur et marquant de l'histoire de l'océan indien sud.

PR

Source : Firinga.com/NOAA/Météo France

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