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Zendette, un cyclone fictif pour un test grandeur nature

Tous les ans, à l'approche de la saison cyclonique, la préfecture de la Réunion organise un exercice appelé CYCLONEX. L'ensemble des services mobilisés en cas de crise cyclonique se réunissent pour gérer en conditions réelles, le passage d'un cyclone qui lui est fictif.

Un exercice annuel

Tous les ans, à cette période, les services de l'Etat à la Réunion et Météo France organise un exercice grandeur nature, ayant pour objectif de tester la mise en oeuvre des moyens de protection civile mobilisés lors d'un épisode cyclonique sur l'île. Réunis au sein du centre opérationnel de la préfecture (COP), l'ensemble des services effectuent une sorte de grande révision pour vérifier que les pratiques restent connues et que les procédures au niveau des évolutions internationales soient cohérentes et en capacité de faire face au risque cyclone selon Sébastien Audebert, Directeur du Cabinet du Préfet.

Cette année, l'exercice CYCLONEX se déroulait dans un contexte très particulier, en raison de la catastrophe IRMA aux Antilles. Si la probabilité pour l'île de la Réunion de vivre un phénomène dont l'ampleur serait équivalent à IRMA est faible, le Directeur de Cabinet préfère rappeler que le risque zéro n'existe pas, et qu'il est donc nécessaire de se préparer à des exercices atypiques, basés sur des conditions météorologiques particulièrement dangereuses.

CYCLONEX 2017 influencé par l'épisode IRMA

Les événements tragiques de Saint-Martin et Saint-Barthélémy ont conduit cette année à un travail particulier sur la question des réseaux électriques et eaux potables. Etre en capacité de les rétablir rapidement est un enjeu majeur. En outre, le retour d'expérience des Antilles a mis en évidence une faille majeure dans les moyens de diffusion de l'information. Comme le rappelle M. Audebert, aujourd'hui, une grande partie de la population est très dépendante des smartphones ou d'appareils électriques. Or, si les réseaux sont mis hors d'usage par un cyclone, comment informer la population? La solution est de remettre au gout du jour le fameux transistor à pile en cas de "Black Out". Si les services de l'Etat disposent de moyens radios particuliers, encore faut-il savoir les utiliser, ce qui fut donc un des sujets majeurs de l'exercice CYCLONEX cette année indique M. Audebert.

La coordination entre les services qui est un aspect essentiel de la gestion d'urgence en cas de crise cyclonique a également été travaillée. Si l'ensemble des services sont réunis au sein du COP, c'est pour assurer la coordination des troupes qui sont sur le terrain. Cela concerne aussi bien les acteurs de l'Etat, que les collectivités locales, les communes en première ligne, le département et la région. Ce type d'exercice est essentiel dans la mesure ou l'ensemble de ces acteurs seront amenés à travailler ensemble en cas de crise.

ZENDETTE, un méchant cyclone

Le scénario imaginé par Météo France pour l'exercice CYCLONEX 2017 a été en quelque sorte inspiré du contexte antillais selon M. Audebert. Le sujet cette année a porté sur un cyclone nommé avec humour ZENDETTE (larve d'insecte). Si le nom prête à sourire, le cyclone fictif est loin de faire rire. Il s'agit d'un phénomène majeur et atypique, associé à des vents violents de l'ordre de 200 à 250 km/h, soit des conditions équivalentes à DINA en 2002. Ce cyclone arrivant de l'ouest (ce qui peu habituel) et dont l’œil effleure le nord de l'île, peut avoir un impact terrible avec destructions, les réseaux mis hors service, des populations à reloger et des inondations. Espérons que la Réunion n'aura pas à subir un tel cyclone. Mais nous pouvons avoir l'assurance que les différents services sont prêts, même si comme l'indique le Directeur de Cabinet, "la gestion d'une crise de ce type c'est 90% de préparation et 10% de réaction le jour J".

 

Enfin, un des enjeux de ce type d'exercice est la sensibilisation de la population. Le dernier cyclone majeur à avoir impacté sévèrement la Réunion est DINA en 2002, voire GAMEDE en 2007, principalement par les précipitations exceptionnelles associées. Cela fait donc 10 à 15 ans que l'île a été relativement épargnée, avec le risque que les mémoires oublient et que les jeunes générations soient moins sensibilisées à ces phénomènes de grande ampleur. Ce type d'exercice peut d'après les propos de M. Audebert servir de piqûre de rappelle.

PR

Réunion