2 zones suspectes et beaucoup d'incertitudes dans l'océan indien sud-ouest

L'activité convective dans la Zone de Convergence Inter-Tropicale (ZCIT) est forte et bien établie sur toute la largeur du bassin sud-ouest de l'océan indien. Deux zones suspectes numérotées 99S et 91S par la Navy pourraient se développer à des degrés divers ces prochains jours.

La ZCIT est de retour

L'imagerie satellite de ce début de samedi 10 mars 2018, permet de mettre en évidence le renforcement de l'activité convective (pluvio-orageuse) dans la ZCIT. Cette activité est forte du nord du canal du Mozambique jusqu'à quasiment la limite Est du bassin sud-ouest de l'océan indien. Le bassin est dit en configuration de "Thalweg de Mousson" typique du cœur de la saison cyclonique, caractérisée par la présence du flux de mousson (air chaud et humide venant de l'hémisphère nord) qui alimente la ZCIT.

Zone sud-ouest océan indien le 10/03/2018 à 04z ©IMD

Zone sud-ouest de l'océan indien le 10/03/2018 à 04z ©IMD

Comme vous le savez sans doute, la ZCIT est une sorte de couveuse à cyclone. C'est dans cette région située grosso-modo entre l'équateur et 10/15S, là où converge l'alizé venant des anticyclones subtropicaux au sud et la mousson venant donc de l'océan indien nord (Golfe du Bengale / Mer d'Arabie), que se déroule les cyclogenèses lorsque les conditions environnementales le permettent. L'activité s'étant nettement renforcée au sein de la ZCIT ces derniers jours, suggére la mise en place prochaine d'une ou plusieurs cyclogenèses.

Deux zones au potentiel de développement différent

La recherche de zone suspecte est la première étape lorsqu'il s'agit de détecter les moindres petits prémices de cyclogenèse. Une zone suspecte peut être décrite comme une zone de basse pression, associée à une activité orageuse persistante et à un début de circulation dépressionnaire généralement mal définie et allongée en début d'existence. Deux zones de ce type sont sous surveillance dans l'océan indien sud-ouest, celles-ci ayant été numérotées 99S et 91S par le Naval Research Laboratory (NRL) de la Navy américaine.

Zone suspecte 99S et 91S ©Navy

Zone suspecte 99S et 91S ©Navy

Les signaux de cyclogenèse proposés par les différents modèles de prévision, ainsi que l'amélioration des conditions environnementales attendues (baisse du cisaillement et amélioration de la convergence alizé/mousson), sont des éléments probant pour penser que l'activité cyclonique devrait se poursuivre la semaine prochaine, à peine l'épisode DUMAZILE terminé.

Le Centre Météorologique Régional Spécialisé cyclone (CMRS) de la Réunion, qui est le centre officiellement chargé par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) de la veille cyclonique dans le sud-ouest de l'océan indien, a l’œil sur ces deux zones. Le CMRS estime le potentiel de développement du minimum le plus à l'Est comme faible, en raison de conditions qui ne sont pas prévues suffisamment favorables dans le temps pour permettre un creusement significatif.

En revanche, la zone de basse pression à l'ouest semble avoir plus de possibilité si on en croit les modèles déterministes Européen IFS et Américain GFS. Mais si on regarde l'envers du décor, à savoir leurs ensemblistes (plus représentatif quand il s'agit de juger la fiabilité du scénario proposé par le déterministe), on se rend compte que les modèles sont encore dans l'expectatives et ne savent pas exactement où cette cyclogenèse aura lieu et quel scénario de trajectoire privilégier.

Patience et recul

Au cours des prochaines 72h, la zone suspecte située au sud de Diego Garcia sera à suivre en premier, afin de voir si celle-ci profitera de la courte fenêtre d'intensification pour qu'une cyclogenèse aboutisse à une Dépression Tropicale voire au stade du baptême. Piloté par le flux de mousson proche équatorial, ce système sera repousser vers l'Est et évoluera loin de toutes terres habitées.

Ensuite, en première partie de semaine prochaine, il faudra surveiller l'évolution de la ZCIT entre le Nord-Est de Madagascar et à mi-chemin entre Agalega et Diego Garcia. C'est dans cette vaste zone que pourrait se former le système ayant potentiellement plus de chance de se développer significativement. Comme expliqué plus haut, l'avenir de cet éventuel futur système s'écrit encore en pointillé en raison du fait que les modèles peinent à suggérer un scénario stable. 

Les adeptes de WINDY et autres applications du même type vont donc encore devoir prendre les simulations suggérées avec BEAUCOUP de recul, étant donné les grosses variations observées d'une sortie à une autre. Vous l'aurez compris, impossible de parler de trajectoire ou de menace quelconque à l'heure actuelle.

PR

  • Source : CMRS de la Réunion / JTWC / NRL
  • Image d'illustration : CMRS de la Réunion

 

bassin sud ouest

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