Activité cyclonique en mai (Océan Indien Sud) : Statistiques et Trajectoires

Cyclones en mai dans l'océan Indien Sud : une fin de saison pas si calme qu'il n'y paraît

Le 11/05/2026 à 16:54 0

Dans Le coin expert

Dans l’océan Indien Sud, le mois de mai correspond généralement à la toute fin de la saison cyclonique. L’activité diminue, les conditions deviennent progressivement moins favorables, et la majorité des systèmes tropicaux les plus marquants se produisent plutôt entre janvier et mars. Mais l’analyse des données historiques montre que le mois de mai ne peut pas être considéré comme une période totalement calme. Depuis le début de l’ère satellitaire, plusieurs systèmes ont encore évolué dans le bassin à cette période, certains atteignant le stade de cyclone, d’autres passant directement à proximité des terres. Mai reste donc un mois tardif, moins actif que le cœur de saison, mais qui a déjà produit des situations météorologiques significatives dans l’océan Indien Sud.

Combien de systèmes ont été observés au mois de mai dans l'océan indien Sud ?

Depuis 1967, début de l’ère satellitaire, l’analyse fait ressortir 43 systèmes ayant évolué au moins une fois au mois de mai dans l’océan Indien Sud.

Ce chiffre ne signifie pas que tous ces systèmes sont nés en mai. Certains se sont formés à la fin du mois d’avril avant de poursuivre leur évolution au cours du mois suivant. D’autres se sont véritablement développés durant le mois de mai.

Sur ces 43 systèmes actifs, 28 se sont formés en mai, tandis que 15 étaient déjà en activité le mois précédent.

Cette distinction est importante : l’activité pour ce mois n’est pas seulement composée de phénomènes en fin de vie. Une part notable des systèmes recensés s’est réellement formée en mai.

Combien de cyclone observés au mois de mai dans l'océan indien Sud ?

Depuis la saison 1978/1979, début de l'ère des satellite geostationnaire, l’analyse plus fine de l’intensité montre 36 systèmes actifs en mai.

La majorité d’entre eux reste au stade de dépression ou de tempête tropicale. Cela confirme que mai est bien une période moins favorable que le cœur de saison. Mais plusieurs systèmes atteignent tout de même le stade de cyclone.

Le constat est clair : 11 systèmes sur 36 ont atteint au moins le stade de cyclone en mai, soit près d’un tiers des cas depuis 1979.

En revanche, aucun système n’a atteint la catégorie 4 ou 5 pendant le mois de mai sur la période analysée. Les cas les plus puissants culminent en catégorie 3.

 

Quels sont les cyclones marquants du moi de mai dans l'océan indien Sud ?

Deux systèmes ressortent nettement lorsqu’on s’intéresse aux intensités maximales atteintes en mai : Fabien en 2023 et Rhonda en 1997.

Fabien 2023

Fabien est le système le plus intense observé en mai dans l’océan Indien Sud depuis 1979.

Il atteint 105 kt (catégorie 3 / cyclone intense) autour de la mi-mai 2023. Il se distingue aussi par sa durée, avec une présence prolongée pendant une grande partie du mois.

Fabien est remarquable à plusieurs titres :

  • il atteint une intensité élevée à une période très tardive de la saison ;
  • il reste actif longtemps en mai ;

C’est aujourd’hui l’un des meilleurs exemples d’un cyclone tardif significatif dans l’océan Indien Sud.

Cyclone tropical intense fabien 1

 

Rhonda 1997

Rhonda, en mai 1997, constitue l’autre grand cas d’intensité. Le système atteint 100 kt (catégorie 3 / cyclone intense). Le météore évolue dans la partie centrale à orientale du bassin et suit une trajectoire avec recourbement vers le sud-est.

Fabien et Rhonda montrent que les cyclones puissants en mai restent rares, mais qu’ils font bien partie de l’historique du bassin. Cette liste montre que le mois de mai peut encore produire des cyclones pleinement matures, même si les intensités extrêmes restent absentes de la période étudiée.

 

La saison 2023/2024 ressort comme l’une des plus intéressantes pour le mois de mai. Le point le plus marquant est la présence de deux systèmes atteignant le stade cyclone en mai : Hidaya et Ialy.

Depuis 1979, c’est la seule saison de la série avec deux cyclones tropicaux en mai. Elle confirme que, même en toute fin de saison, le bassin peut encore produire plusieurs systèmes significatifs sur une courte période.

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Observe-t-on plus de cyclone en mai dans l'océan indien Sud ?

La question que beaucoup se posent forcément, dans un contexte de changement climatique, est simple : observe-t-on davantage de systèmes tropicaux en mai dans l’océan Indien Sud ? Et surtout, observe-t-on davantage de cyclones à cette période tardive de la saison ?

À partir de la saison 1979, le résultat de l’analyse des données invite à la prudence. Elle montre bien un signal récent intéressant, mais pas une tendance suffisamment robuste pour conclure à une augmentation durable.

Pour le nombre total de systèmes actifs en mai, la répartition est la suivante :

  • années 1980 : 8 systèmes ;
  • années 1990 : 5 systèmes ;
  • années 2000 : 5 systèmes ;
  • années 2010 : 9 systèmes ;
  • années 2020 : déjà 7 systèmes entre 2020 et 2024.

Ces chiffres montrent que l’activité de mai est plus élevée récemment, notamment depuis les années 2010. Mais ils ne dessinent pas une hausse régulière décennie après décennie. Les années 1980 étaient déjà actives, puis les années 1990 et 2000 ont été plus calmes, avant une reprise nette ensuite. On observe donc plutôt une reprise récente après un creux, pas une progression linéaire.

Pour les cyclones en mai, c’est-à-dire les systèmes ayant atteint au moins 64 kt, le signal récent est plus marqué :

  • années 1980 : 2 cyclones ;
  • années 1990 : 2 cyclones ;
  • années 2000 : 3 cyclones ;
  • années 2010 : 1 cyclone ;
  • années 2020 : déjà 3 cyclones entre 2020 et 2024.

Les années 2020 comptent donc déjà autant de cyclones de mai que toute la décennie 2000, avec notamment Fabien en 2023, puis Hidaya et Ialy en 2024. C’est un élément remarquable, surtout parce que la décennie n’est pas terminée.

Mais il faut garder une limite importante en tête : on ne parle que de 11 cyclones en mai sur 46 saisons. C’est un échantillon très faible. Dans ce type de série, une seule saison active peut fortement modifier la lecture statistique. La saison 2023/2024, avec deux cyclones en mai, pèse donc beaucoup dans le signal récent.

Il faut aussi pondérer l’analyse par l’amélioration progressive des observations. Même après 1979, les données ne sont pas totalement homogènes : les décennies récentes bénéficient d’une meilleure couverture satellitaire, d’images plus fréquentes, de méthodes d’estimation plus avancées et d’un suivi plus précis des systèmes courts ou marginaux. Cela peut favoriser la détection des phénomènes récents, notamment les systèmes faibles ou de courte durée en fin de saison.

Pour les cyclones bien structurés, le risque de manquer complètement un système est plus faible. En revanche, l’intensité estimée peut varier selon les méthodes, les agences et les périodes. Cela impose de rester prudent lorsqu’on compare directement les décennies anciennes et récentes.

La conclusion la plus solide est donc la suivante : dans un contexte de changement climatique, les dernières saisons montrent un signal intéressant, avec davantage de systèmes et surtout plusieurs cyclones en mai dans les années 2020. Mais les données disponibles ne permettent pas d’affirmer avec certitude qu’il existe déjà une augmentation durable du nombre de systèmes ou de cyclones en mai dans l’océan Indien Sud. On peut parler d’un signal récent à surveiller, pas encore d’une tendance établie.

Qules sont les pays les plus touchés en mai dans l'océan indien Sud ?

L’analyse des impacts directs permet de mieux mesurer le risque pour les terres habitées.

La définition retenue ici est la suivante : impact direct = passage entre 0 et 60 km des terres, avec une intensité minimale de tempête tropicale.

Depuis 1967, on recense 6 impacts directs en mai au stade de tempête tropicale ou plus. Sur ces 6 impacts directs, 4 se produisent au stade de tempête tropicale et 2 au stade cyclone catégorie 1.

L’Australie compte le plus grand nombre de cas, mais les impacts les plus intenses concernent Madagascar.

Deux systèmes ressortent :

  • Kesiny en 2002, catégorie 1 près de Madagascar ;
  • Manou en 2003, catégorie 1 également, avec une intensité plus élevée.