Les différents dangers associés aux cyclones tropicaux : Le Vent

14 Octobre 2020 : 17h (Mascareignes)

La saison cyclonique 2020/2021 approche à grand pas dans l'océan indien Sud. C'est le moment de se préparer en commençant par se remémorer les risques associés à ces phénomènes aussi passionnants que dangereux. Cet article aborde les dangers liés au vent.

L'énergie destructrice du vent

Le phénomène le plus marquant associé au cyclone dans l'esprit des gens, c'est le vent. En effet, les vents notamment dans le cas de cyclone particulièrement intense, sont potentiellement destructeurs. Pour commencer, il est d'abord nécessaire de faire la distinction entre "vent moyen" et "rafale".

Les "vents moyens" représentent les vents les plus forts moyennés sur 10 min, à une hauteur de 10m et sur une surface sans obstacle. La valeur obtenue est utilisée pour classifier l'intensité du phénomène. Cette méthode qui est préconisée par l'Organisation Mondiale Météorologique, est utilisée par la plupart des bassins cycloniques mondiaux, sauf dans l'Atlantique Nord qui se base sur les vents soutenus sur 1 min.

Cette vidéo montre la puissance des vents lors de l'ouragan IRMA en Floride. On distingue clairement les rafales par moment.

Le vent ne souffle pas de manière continue avec la même force. Des pointes d'une durée de quelques secondes pouvant dépasser jusqu'à 40-50% la vitesse du vent moyen sont observées. Ces virulentes et brèves accélérations sont appelées rafales. Un cyclone générant des vents moyens de l'ordre de 130 km/h, peut ainsi produire des rafales d'environ 190 km/h. L'énergie dégagée par le vent étant proportionnelle au carré de la vitesse, la capacité destructive augmente rapidement avec la vitesse.

À titre d'exemple, des vents de 200 km/h sont 4 fois plus puissants que des vents de 100 km/h. Sachez que la pression qu'exerce le vent sur une surface perpendiculaire plane comme un mur est immense. Il est de 200 kg/m2 avec des vents de 200 km/h et de 300 kg/m2 avec des rafales de 240 km/h.

Le demi cercle dangereux

La différence de pression entre l'environnement extérieur et le coeur du cyclone explique la force du vent. Ainsi, le resserrement du gradient de pression au centre du système, contribue à une accélération exponentielle du vent, jusqu'à atteindre son maximum dans le mur de l'oeil. La zone où se trouve les vents les plus destructeurs ne dépasse donc rarement 100 km autour de l'oeil. Dans les cyclones les plus intenses, les rafales peuvent excéder les 300 km/h dans le mur de l'oeil. Généralement, les systèmes de mesure sont détruits avec des vents d'une telle intensité.

Cyclone coupe schematiqueÀ noter que la vitesse des vents sera différente que l'on se trouve d'un côté ou de l'autre de la trajectoire. Dans l'hémisphère Sud, les vents sont plus forts du côté gauche de la trajectoire (inversement dans l'hémisphère Nord), dans la mesure où les vents s'additionnent au déplacement (demi-cercle dangereux). C'est pour cette raison qu'un cyclone se déplaçant par exemple vers l'Ouest, aura plus d'impact en transitant au Nord de la Réunion ou de Maurice, qu'au Sud.

La force de coriolis

Enfin, les vents ne soufflent pas dans le même sens que l'on se trouve dans l'hémisphère Sud que Nord. Au Sud de l'équateur, la circulation cyclonique se fait dans le sens horaire et dans le sens anti-horaire au Nord de l'équateur. La force de Coriolis qui résulte de la rotation de la terre explique cette situation.

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